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La Chambre des dames (Jeanne Bourin)

27 Juillet 2015

Ce livre dormait depuis le début des années 1980 sur l'étagère de la bibliothèque; j'ai décidé de le réveiller, surtout que, depuis que la série télévisée a été diffusée, il s'en est passé du temps et l'oubli a fait son oeuvre.

 

Que dire de cette Chambre des dames ?

Tout d'abord, c'est un roman que l'auteur a voulu placer sous le signe de la "relecture" du Moyen Age dont, à la suite de Régine Pernoud, son inspiratrice, elle souhaite montrer la vitalité, l'énergie, l'inventivité, la richesse etc... quitte, pour cela, à s'inscrire dans le cadre d'une famille de la grande bourgoisie parisienne, les Brunel, disposant d'un hôtel particulier rue des Bourdonnais, à Paris, et à donner à son récit un arrière-fond de luxe et d'aisance qui est loin de concener l'immense majorité de la population de l'époque, ni même des villes, même si elle démontre ainsi la place et l'ascension de cette riche bourgeoisie dans les villes du XIIIème S.

D'autre part, toujours dans cet optique, elle en présente une vision très cosmopolite et presque "avant-gardiste" où toutes les classes sociales se côtoient avec plus ou moins de bonheur (la présence des racailles médiévales et de leurs méfaits n'est jamais loin), où la tolérance religieuse est présentée comme un phénomène "naturel", oubliant que saint Louis a persécuté des juifs et que si l'un des personnages du roman a épousé une Egyptienne convertie (il y en eut quelques-unes à l'époque), cela ne démontre pas, pour autant, une tolérance habituelle et répandue dans la société et où les femmes auraient eu une importance et auraient été plus que l'on ne soupçonnait pas, quoique, là encore, des fortes nuances s'imposeraient.

Cependant, son féminisme reste tempéré par la pression de la religion qui s'impose à l'esprit de toutes ces femmes qui, avec plus ou moins de volonté, de temps, d'errements..., finissent pas rentrer dans le droit chemin de la vertu, même si l'une des héroïnes y laisse neuf années, de sorte que la morale est sauve.

En conclusion, on peut dire que c'est un roman daté avec une vision plus sentimentale et plus politique qu'historique du Moyen Age mais qui change de cette espèce de noirceur qu'auteurs et scénaristes modernes se complaisent encore, contre toute réalité historique.

Sinon, l'histoire est assez simple: lors des noces de sa fille Florie avec Philippe Thomassin, un jeune trouvère, Mathilde Brunel, qui vit auprès d'un époux plus âgé qu'elle et devenu impuissant, est fortement attirée par un cousin de l'époux, Guillaume Dubourg. Cependant, celui-ci n'a d'yeux que pour la nouvelle mariée qu'il finit par conquérir et précipite dans le drame d'une passion destructrice.

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