
Commande à peine envoyée jeudi, déjà reçue aujourd'hui ! C'est donc avec beaucoup de curiosité que j'ai regardé les 170 photos couleur et les 36 noir et blanc
que contient l'album tiré de l'expo Les Parisiens sous l'Occupation, photographies en couleur d'André Zucca.
On a beaucoup polémiqué dans certains milieux Parisiano-parisiens à propos de cette expo et de ce qu'elle ne montrait pas; du coup, on n'en a pas assez souligné les qualités.
En effet, ces photos ne trahissent pas leur époque, elles n'en sont pas une vision partiale, même si la vision du photographe est partielle.
L'Occupation, on la sent (défilé des troupes, soldats dans les rues, drapeaux allemands, propagande vichyssoise et collaborationniste...);
les difficultés du moment, on les voit
(semelles en bois, vêtements hors d'usage, chaussures éculées, voitures à gazogène ou à gaz comprimé...), la misère même est bien visible parfois et l'autre envers du décor (ex les élégantes qui
paradent sur les champs de course);
certes, même si photographier les files d'attente ou les juifs n'est pas sa préoccupation première, ils sont là

(on ne peut donc pas dire qu'il l'ignore totalement et jamais dans des situations qui pourraient être humiliantes pour eux, comme s'il voulait rendre aux gens leur dignité).
On aime aussi ce quartier des Halles, celles de Baltard, et les gens qui le peuplent qu'il a réssuscités;

on aime ses photographies de l'hiver parisien où tout est recouvert d'un manteau imaculé et le Sacré-Coeur sous la neige en 42 et la magie de Noël qui semble
s'en dégager;

on aime cette vision d'un Paris éternel, celui qui courbe le dos sans plier qu'il a mis sur diapo couleur; on aime enfin l'ironie qui parfois passe dans son
regard, comme lorsqu'il photographie le portrait de Pétain en vitrine au milieu de ... chaussures !

On aime, tout simplement, parce que ce sont des miliers de bribes de vie, celle faite de petits rien, celle de tous les jours, celle de ces amoureux mangeant des cerises assis sur un banc...
On apprend aussi que la célèbre photo noir en blanc où l'on voit un juif digne appuyé sur une canne et portant l'étoile
jaune,

souvent utilisée comme illustration dans les ouvrages sur l'Occupation est d'André Zucca.
C'est ce que déjà écrivait dans le Monde Eric Fassin, en avril 2007:
" A force de dire tout et l'inverse de tout, Nicolas Sarkozy parvient à son but : on ne sait plus où on en est (...) La rhétorique de Nicolas Sarkozy
participe ainsi d'une politique d'affolement, au même titre que son agitation tourbillonnante et sa fébrilité vibrionnante. En ne respectant jamais le principe de non-contradiction, le candidat
rend la contradiction impossible : comment s'opposer à lui quand il dit tout et son contraire ? Le discours politique n'a plus aucun sens, et toute réponse, critique ou solution alternative, est
piégée d'avance - récupérée et discréditée par la logorrhée du candidat".
C'est exactement ce qui se passe encore actuellement sur les 35h; alors que Copé proclamait, il y a quelques jours: "L'UMP
demande avec force le demantèlement définitif des 35h, et que la durée du travail soit contractuelle, entreprise par entreprise", le président
s'employait à démentir.
Or Xavier Bertrand nous joue aujourd'hui le grand écart: la durée légale est de 35h, mais en fait, Copé a raison aussi, la durée du travail sera contractuelle entreprise par entreprise où on
pourra remettre en cause les 35h et travailler plus (on imagine derrière les chantages au licenciements et aux délocalisations pour forcer la main des salariés).
C'est là toute la force du sarkosisme: jouer sur la confusion créée, donner l'impression de satisfaire tout le monde (on garde les 35h, mais en fait, les gens peuvent les liquider eux-mêmes, peu
importe si c'est sous la contrainte de leur patron) tout en visant clairement à l'extinction des 35h qui est le but ultime de la démarche en négociant à l'échelon où les salariés ne sont pas en
état de résister donc se trouvent en position de faiblesse, celui de l'entreprise.
Pourtant, si l'on part du principe:
1) que tous les hommes sont égaux en droits
2) que la loi est la même pour tous
3) que la Nation doit garantir à tous le repos et le loisir,
on ne peut que rejeter l'idée que contractuellement des hommes pourraient aliéner une partie de leurs droits et de leur liberté pour sauver leur emploi en acceptant d'obéir à une règle qui ferait
que la loi ne serait plus la même pour tous et qu'ils n'auraient pas droit au mêmes temps de travail, aux mêmes temps de repos, aux mêmes temps de loisirs suivant l'endroit où ils travaillent et
même s'ils bossent dans le même secteur d'activité.
C'est là une remise en cause de principes qui fondent notre démocratie.
Pourtant, pendant ce temps, la Vierge néo-pétainiste et Nicolas-Bertrand Sarkonoé qui, dans le fond, sont peut-être d'accords sans le dire pour que disparaissent les 35 heures, se
gardent bien de trop faire monter la sauce et se retrouvent, encore une fois à faire le lit du sarkosisme et à cautionner le confusionisme qu'il entretient par leur silence qui donne l'impression
que Nicolas a toujours raison et qu'ils ne sont pas de taille à détruire son discours. Seul François Hollande a essayé de réagir; bref, pas de quoi donner envie de voter PS qui est
décidément, un parti de gens essouflés et sans idées.
Sur ce plan_là aussi la France traverse une sacrée crise.
Etrange ce phénomène sur RTL, ce matin; j'écoutais, comme de coutume les nouvelles avant de partir,
histoire de ne pas arriver totalement idiot au boulot, quand, soudain, un étrange grésillement, comme si on passait une vieille bande-son usagée, est venu bourdonner à mes oreilles : "J'avais envie de parler à la France qui travaille, qui se lève tôt, dont j'imagine que la vie est bien difficile, mais en même temps qui ne demande rien d'autre, qui ne casse
pas les abris-bus, qui ne manifeste pas"... pour un peu, si les odeurs pouvaient passer à travers un poste de radio, on aurait senti comme une odeur de moisi ou de naphtaline, quand,
soudain, on s'est vaguement rappelé que le vieux radoteur qui se prenait pour Jeanne Calment à la radio n'était pas atteint d'Alzheimer mais juste président d'on ne sait plus trop quoi.
Putain, ils pourraient au moins éviter d'inviter des vedettes du siècle dernier contemporaines des soeurs Etienne à RTL, lool !
Je viens juste d'achever la lecture de ce petit roman écrit par Pascal Sevran (186 pages), publié en 1979 et pour lequel
il reçut le prix Roger-Nimier cette même année.
Disons-le tout de suite, c'est une agréable surprise que ce livre dont l'écriture est légère, souple, pudique mais pas pudibonde
(loin de là), teintée d'humour et de convitions et qui se veut une autobiographie plus ou moins imaginaire d'un écrivain qui s'invente un passé triste et attachant pour combler l'insupportable
idée de ne pas laisser de traces dans l'histoire.
D'ailleurs, on a peine à croire que cette autobiographie n'est pas celle de Sevran lui-même, un Sevran qui aurait vécu
l'entre-deux-guerres ( "Il est naturel que ce soit une fausse autobiographie qui semble la plus vraie, dit-il, citant Radiguet) et qui y croise les sommités politiques, intellectuelles et
artistiques de l'époque (les nommer toutes est impossible tellement elles sont nombreuses) et notamment Cocteau et Emmanuel Berl auquel le livre est dédié; cet Emmanuel Berl, mari de
Mireille (celle du Petit Conservatoire) qui fut le mentor de Sevran mais qui fut aussi, notons-le tout de même, l'auteur des fameux discours du Maréchal Pétain sur les mensonges qui ont fait
tant de mal et sur la terre qui ne ment pas.
Le personnage du roman, lui-même, se retrouve avoir des amis de tous les horizons politiques, y compris sous Vichy, et la phrase
qui le résume le mieux et qui résume sans doute aussi Sevran lui-même est sans doute celle-ci: " Depuis plus de 20 ans, on avait remué tant d'idées autour de moi. Certaines m'avaient paru
séduisantes mais je n'en avais retenu aucune. Je ne m'attachais qu'aux hommes".
Bien sur, l'homosexualité n'est pas absente de ce livre et on voit même surgir une idée étrange de la part d'un soi-disant
neveu d'Esterhazy, celle d'une histoire d'amour qui aurait mal tourné entre l'oncle et le capitaine Dreyfus.
Prochaine lecture: 1940/1945, les années érotiques: Vichy ou les infortunes de la vertu
de Patrick Buisson.
C'est bien la première fois que je suis confronté à ce genre de proposition: cet après-midi, alors que je faisais un petit tour sur un site de rencontre, histoire de voir s'il y avait de
nouvelles têtes, je suis contacté par un jeune mec de 21 ans qui me propose carrément de coucher avec lui pour 20 euros parce qu'il a besoin de fric.
Jusqu'ici, la prostitution étudiante, c'était surtout dans les journaux et à la télé que j'en avais entendu parler; je n'aurais jamais imaginé y être confronté un jour.
Il est évident que j'ai refusé cette proposition, mais je pense quand même à tous ceux qui, moins scrupuleux doivent en profiter sans se poser la moindre question sur ce que ça peut représenter
pour quelqu'un de vendre son corps; et je me dit qu'un pays qui laisse ses étudiants se prostituer pour pouvoir vivre n'est pas un pays qui tourne rond; d'autant plus que, malgré les multiples
sujets sur ce thème, l'opinion publique semble plus qu'indifférente à leur sort.
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