Texte Libre

En fait, je viens de relire un petit texte (enfin, petit, façon de parler, parce que ceux qui veulent vraiment le lire vont avoir besoin de temps pour cela) que j'avais écrit en février 2006, livré à l'époque en quatre parties, mais que ce soir, au risque de vous faire fuir sans que vous ne le lisiez, je vous livre en un morceau unique.
Que me prend-il, allez-vous vous dire? C'est que, tout simplement, le relisant, je viens de me dire qu'au niveau écriture, c'était pas si mal foutu, dussez-je avoir les chevilles qui enflent, à m'auto-congratuler de la sorte.

Les dernières remarques qu'on lui avait faites n'avaient pas eu l'heur de lui plaire, encore moins celles de cette femme qu'il ne connaissait que trop et dont les paroles lui revenaient comme en écho de mots plus lointains prononcés jadis par une vieille femme aux yeux noirs qui disait connaitre l'avenir.
Il ouvrit machinalement et avec une lassitude nonchalante le courrier qu'il avait posé hier sur la table basse et qu'il avait délaissé. A quoi bon l'ouvrir d'ailleurs, il en connaissait déjà par coeur le contenu trop souvent lu ces derniers temps? Toujours les mêmes mots, les mêmes questions, les mêmes attentions... et quand par hasard l'un de ces courriers le surprenait encore et parvenait à le toucher, il ne cherchait même plus à en savoir la raison parce qu'il ne voulait pas se prendre la tête avec çà.
Vieux coffre à fermoir dont on aurait égaré la clé, il rejeta le courrier ouvert sans volonté d'y répondre.
Comment leur dire d'ailleurs toutes ces choses enfuies dans le profond de son être alors qu'aucun mot n'est capable de les retranscrire?
Il se leva, pris son blouson et sortit machinalement dans la rue, attrapa le premier bus venu, sans chercher à savoir même où il menait, dans un état de semi-conscience.
Le bus? Toute une société en miniature entre sourires et mesquineries avec ses courages, ses lâchetés, ses anti-héros et ses faux hautains dont le visage se ferme d'instinct pour éviter tout contact, et puis tous ces regards qui vous happent, vous "chosifient".
Il en a tellement l'habitude qu'il n' y prête plus garde! Sourires et regards mécaniques ou qui se veulent plus personnels pour ceux auxquels ils sont destinés. Au fond, lui aussi ne fait que céder à une habitude routinière.
A quoi cela sert-il? En a-t-il seulement une idée?
Paresse de l'esprit, répétition de mimiques et de tics, un véritable code assimilé depuis si longtemps qu'il se joue sans souci; tout se fatras sensé rendre les choses plus "faciles".
Il n'y engage que son corps, pas son âme; et même si parfois il se dit :" à quoi bon?", le torrent qui le ronge quelquefois finit toujours par avoir raison de sa volonté.
Il se ment à lui-même pour se donner l'illusion du possible, mais son miroir, le soir, lui renvoie une sale mélodie en sourdine, de celles qu'il en a assez d'entendre: " Te fatigue pas, personne ne marche, personne n'y croit, surtout pas toi!"
Le bus roule en cahotant, la société peu à peu le recouvre, l'avale et le digère; le voilà à faire tous ces gestes qu'il faut faire sans envie parce que ce sont les gestes habituels de tout homme sur cette terre. " Comme d'habitude, toute la journée, je vais jouer à faire semblant, comme d'habitude, je vais sourire, oui, comme d'habitude, je vais même rire, comme d'habitude enfin je vais vivre, oh comme d'habitude!".
L'homme n'est-il né que pour être cet être à moitié schizophrène et dont la personnalité n'est qu'un camaïeu de tous les personnages qu'il interprète dans la journée?
Même le soir, quand il croit se trouver seul, qu'il croit se retrouver et pouvoir se définir, sait-il seulement lequel de tout ces personnages il est?
Toutes ces questions sans réponses qui le rongent.
Au fait, où va-t-il aujourd’hui? Machinalement, il sent un livre dans sa poche, le sort, le regarde un instant! Tiens, toi! Où m'emmènes-tu aujourd'hui? semble-t-il dire.
Vue sur un parc, descente irréfléchie, magnétisme incontrôlable!
Besoin d'air et de rien à la fois.
Il fait sans doute froid; il le sent plus qu'il ne le sait, parce que son corps se rétracte, se contracte, sous l'effet de la fraîcheur soudaine qui lui caresse le visage. Mais fait-il vraiment froid ou est-ce seulement lui qui a froid? Du réel à l'impression, où est la frontière?
L'herbe est rase, les allées désertes, les bancs, indifférents, offrent leurs dures banquettes de bois en guise de reposoir. Il finit par en choisir un dans un coin, par trop exposé aux regards, sous un arbre qui perd ses feuilles.
Contre le bois du banc, il se laisse glisser à s'en courber le dos. Le livre dans les mains et cette histoire, ces mots qui lui sautent au visage.
L'histoire banale d'une femme qui perd son mari juste quelques années avant la guerre, pauvre mari tué par la tuberculose. Une guerre à traverser, chaque jour se préoccuper de vivre, de survivre. N'a-t-elle fait autre chose que cela? C'est-elle préoccupée de ce qui se passait ailleurs ou sous ses yeux? En avait-elle le temps ou l'envie seulement?
Pauvre femme qui mourut à 53 ans, le jour de son anniversaire. Quelle triste vie qui en résume l'absurdité même.
Et lui dans tout cela? Sa vie a-t-elle plus de sens aujourd'hui?
Des chaînes, rien que des chaînes qui l'empêchent d'avancer, même si ces entraves sont partiellement dans sa tête.
Comment s'en libérer? A quoi cela sert-il de vivre si l'on ne peut vivre comme l'on veut?
Il eut honte de se poser cette question; on réfléchit trop dans nos civilisations occidentales. Les habitants du Sahel n'ont sans doute pas le temps ni l'occasion de se les poser, tout comme cette pauvre femme dont il lisait l'histoire. " Y a pas de suicide au Sahel, pas d'overdose à Kinshasa, réponse ou question, je sais pas".
Lassé, perdu dans le vague, il laissa défiler les heures à former des pensées vagues et impossibles à transcrire.
Il lui fallait trouver une solution! 
D'énervement, il fit demi-tour.

Arrêt de bus, montée, descente, retour à la case départ.
Rien n'a de sens, sinon celui qu'on lui donne.
Pourquoi chercher du sens à ce qui n'en a pas?
La seule chose dont on soit sûr, après tout, c'est que nous sommes engagés dans une lutte à mort dont le vainqueur est connu d'avance.
Encore faut-il ne pas lui faire ce plaisir trop tôt.
Chienne de vie!
Compose, triche, baise-la!
Il se répétait ces phrases sans fin, pour aboutir à quoi?
Des mots, rien que des mots! Mais qu'il est dur de mettre les mots en pratique quand on a perdu le mode d'emploi.
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(St-Georges, Pierre et Gilles, 1988)

l'homme dont les pensées sont plus lumineuses que le soleil a causé à la Tévé, ce soir. 

Bizarre, j'ai cru entendre Chirac, j'ai dû rêvé, sûrement. En tout cas, j'ai retrouvé le même effet soporifique que lorsque l'ex-président s'exprimait.
Ahhh! brasser du vent, faire du vent, paraître déterminé, à quoi, il n'en sait rien, mais déterminé... çà sentait furieusement son Chirac, jusques et y compris dans le compationnel (à mi-chemin entre Chirac et Ségo, d'ailleurs): ce pauvre homme qui a perdu son oeil (on avait presque l'impression de voir la scène en direct), cet autre tabassé alors qu'il a une femme enceinte et un enfant (heureusement, il n'était pas homo, çà aurait coupé tout l'effet et l'image de la Sainte-Famille n'eût pu être évoqué), les 18 balles de plomb ... (Margot en a pleuré dans sa chaumière avec M'dame Michu et elles crièrent alors vengeance devant leur poste de télé comme si elles eussent été elles-mêmes les victimes de ces horribles faits, se tournant vers le seul qui pût châtier les coupables, le Messie Sarkozy tandis que Guaino a dû jouir dans son froc de cet instant d'émotion collective), tout çà pour nous dire qu'il était déterminé, oui, déterminé à vaincre les "voyous", surtout immigrés (oui, comme Le Pen, il a fait, ce soir, l'amalgame entre l'immigration et la délinquance), avec force effets de manches dont la vigueur était d'autant plus forte qu'il était moins assuré de pouvoir tenir les promesses qu'il était en train de faire.
Du vrai Chirac matiné de Ségolène dans leurs meilleurs moments de pathos. 

Quant-au pouvoir d'achat, c'est simple, il y avait du pognon pour ses potes, pour lui s'augmenter, mais pour les Français ... rien ! Si, un aphorisme que l'on connait déjà: "Enrichissez-vous par le travail et par l'épargne" ... "en travaillant plus pour gagner plus" (du Guizot à l'état pur) et en bossant le dimanche, bandes de fainéants de Français !
On vous calculera un nouvel indice des prix, parce que çà mange pas de pain de le faire et vous aurez droit à toucher une partie de la participation bloquée (depuis quand les fonctionnaires et une grande partie des Français ont une participation ...?)
Pauvreté du discours, pauvreté des propositions, un pschitttt monumental sur cette question. Comme eût dit son pote Johnny: " En tout cas les Hindous devront s'en contenter, avant de trouver mieux, leurs cheveux seront longs". 

Ici, les vertus du dimance, oubliées par NS: 



JEAN GABIN quand on promene au bord de l'eau
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(Saint Jean et Saint Jacques, Pierre et Gilles, 1987)

Franchement, il devait bien s'emmerder tout seul sur son île déserte, Robinson Crusoé; on ne se demande même pas à quoi ils ont bien pu jouer ensemble quand il eut mis la main sur Vendredi ! bien que Defoe et Tournier soient muets sur la question.
Parce que passer tant d'années sur une île, seul, puis avec un unique mec pour compagnie ... allons, on ne va pas nous faire croire qu'ils n'auraient pas consommé.
Qui sait d'ailleurs si l'apparition de Vendredi n'est pas un fantasme de l'esprit de Robinson et le fait qu'il arrive prisonnier des cannibales une métaphore d'une relation sexuelle.
Non mais, faut tout leur dire à ces auteurs, pfff !

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Notre brave petit Kouchner, souvenez-vous, c'était:

- l'homme qui dénonçait toutes les atteintes aux droits de l'homme
- l'homme qui réprouvait la torture
- l'homme qui prônait le droit d'ingérence
- l'homme qui refusait tout compromis avec les dictatures quelles qu'elles fussent.

Enfin, çà c'était quand ce représentant de la gauche caviar moralisatrice était dans l'opposition.
Car, aujourd'hui, notre brave petit Kouchner n'en finit plus de s'applatir comme une carpette devant les grands dictateurs de ce monde et à le justifier par de subtiles contorsions verbales qui ne trompent personne, à protéger les autorités sous lesquelles des actes de torture ont été commis, à faire des affaires avec des dictateurs ...

En 1994, il reprochait vertement à Edouard Balladur d'avoir, je cite: "Abîmé le prestige de la patrie des droits de l'homme en se ruant en Chine pour une promesse de contrat" .
Mais voilà qu'aujourd'hui (et alors même que les droits de l'homme, là-bas, n'ont pas vraiment progressé, n'est-ce pas), Kouchner "ne voit pas pourquoi il ne faudrait pas signer de contrats avec Pékin".
"L’urgence en matière de droits de l’Homme c’est la Birmanie, et pas la Chine". (Ben voyons ! et qui soutient la dictature birmane?)
Il nous justifie ainsi l'absence de Rama Yade, secrétaire d 'Etat aux Droits de l'Homme et rajoute même, avec le plus parfait cynisme: "on ne peut pas emmener tout le gouvernement" (Pourtant, on a bien embarqué Madame Mère aux frais de la République donc des contribuables).

Récemment, ses services empêchaient la mise en examen, en France, de Donald Rumsfeld, chef des auteurs de tortures en Irak (il est vrai que petit Kouchner a toujours été partisan de la 2è guerre contre l'Irak) alors que le droit international rend cela possible: le procureur de Paris Jean-Claude Marin a considèré, après s'être informé auprès du ministère français des Affaires étrangères, que M. Rumsfeld bénéficie d'une immunité «pour les actes accomplis dans l'exercice de ses fonctions».
«Les services du ministère des Affaires étrangères ont indiqué qu'en application des règles du droit international (...) l'immunité de juridiction pénale des chefs d'État, de gouvernement et des ministres des Affaires étrangères subsistait après la cessation de leurs fonctions pour les actes accomplis à titre officiel», affirme M.Marin.
Pourtant, la justice française était compétente juridiquement pour instruire cette plainte. Selon une convention internationale de 1984 ratifiée par le pays, les faits de torture peuvent être poursuivis partout dans le monde quels qu'en soient les lieux et les auteurs.
De plus, l'évolution du droit international tend à la suppression de l'immunité des chefs d'Etat en fonction pour les crimes les plus graves comme ceux de génocide, crimes contre l'humanité, crimes de guerre et de torture. La Cour pénale internationale (CPI) ne "reconnaît nulle immunité".

De même, nous signalerons les contrats nucléaires passés avec le bon dictateur Kadhafi (le Castro de la droite) et avec Hu Jintao en Chine (Chine dont on ferait mieux de se méfier, car elle a augmenté son budget militaire de plus de 17% cette année, soutient l'Iran, le Soudan et le régime birman avec l'aide de Poutine).

Enfin, nous noterons sa condamnation molle des derniers événements de Russie, se contentant d'ajouter que cela ne donnait pas "une bonne image" de la Russie, ou soulignant que "L'élection se fait. Il y a des partis d'opposition, malmenés c'est vrai, mais n'oublions pas d'où vient la Russie"
(oui, c'est vrai pourquoi s'en faire et s'inquièter pour les Russes? On doit être trop cons, enfin, plus que Kouchner, en tout cas).

Quant-à la Belgique, toujours le silence alarmant de Kouchner et de l'UE.

Kouchner est devenu un clientes qui a renié ses idéaux pour avoir droit à la sportula que lui proposait le patronus Sarkozy.

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des talents qui se perdent, on ne sait trop pourquoi.

Tel est le cas du jeune Allan Vermeer, découvert par Pascal Sevran en 2005 et dont on ne sait ce qu'il est devenu.
Pourtant, au-dela du "massacre" du célèbre Pour ne pas vivre seul, qui manifestement n'était pas fait pour lui, il faut lui reconnaître un certain talent, comme le prouvent ces deux videos sur lesquelles je suis tombé par hasard, justement, en cherchant une video de Dalida chantant ladite chanson.

Du coup, c'est à ce jeune talent "disparu" que je consacre mon article.







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