Ce que l'on a pu voir, hier soir, c'est déjà un président accumulant les bourdes, faisant trois confusions monumentales:
- le gaz à la place du fuel (parlant de prime au gaz au lieu de prime au fuel)
- confusion entre la loi sur la régularisation et la loi sur la naturalisation, répétant plusieurs fois qu'il était hors de question que les sans-papiers deviennent massivement français !!! alors
que ce sont deux choses différentes: demander sa régularisation, ce n'est pas demander sa naturalisation
- une affirmation fausse: non, la France n'est pas (ou plutôt n'est plus), la 5è puissance économique mondiale; elle se trouve (chiffres 2007) au 6è rang et même au 7è (voire 8è rang pour la
banque mondiale) en terme de PIB à parité de pouvoir d'achat.
On a vu aussi, un président très mal à
l'aise face à Véronique Auger et à Yves Calvi posant des questions incisives qui méritaient des réponses concrètes, précises l'empêchant de développer sa langue de bois
habituelle sauf à lui faire perdre la face; c'est d'ailleurs ce qui s'est produit:
- sur le RSA, où il a dû admettre que l'on supprimerait la prime pour l'emploi et d'autres aides pour la
financer et faire des économies au passage
- sur les sans-papiers où il s'est lamentablement pris, comme je le disais, les pieds dans le tapis. Yves
Calvi a été brillant de lui rappeler que ces gens travaillent en France, payent des impôts, se lèvent tôt, sont dans des métiers où on manque de main-d'oeuvre (çà c'est PPDA qui a été plus
mordant que d'habitude) et donc, sous-entendu, qu'ils correspondent aux critères fixés par Sarkozy pour .... l'immigration choisie !!!! D'où le gros cafouillage présidentiel qui refusait
d'admettre que tous ces gens sont effectivement, au regard de la loi, régularisables, quoi qu'il en dise, en prétendant que non, on ne leur accorderait pas systématiquement la nationalité
française (gros plantage quoi !demander des papiers et demander à devenir français sont deux choses différentes et qui n'ont rien à voir)
- sur l'éducation où son cynisme est apparu: ce sont les réformes qui suppriment des postes, pas lui !!!
Ouah! fallait l'inventer celle-là ! Il nous a aussi appris qu'il y avait des options avec des profs mais sans élèves ?! donc qu'il faudrait les supprimer. Les profs de Latin, de Grec et
d'Allemand sont donc prévenus, ils sont les prochaines cibles du ministre.
Enfin, malgré toute sa flamme, il n'a pas convaincu sur l'international où il a eu de la chance d'avoir un interviewer trop mou: aucune question sur les laogaï chinois qui auraient pu le mettre en difficulté, aucune référence à l'enlisement des Soviétiques en Afghanistan par le passé, aucun rappel de cette guerre comme matrice du terrorisme international.
Quant-aux salaires et au pouvoir d'achat, nous n'avons eu qu'un "discours à la Charles Ingalls" sur la valeur bienfaisante et rédemptrice du travail.
C'est oublier que la main-d'oeuvre française est l'une des plus productrices au monde et qu'elle n'en voit guère les retombées dans son porte-monnaie.
Et, pour être complets, terminons sur les retraites: plutôt faire travailler les salariés plus longtemps qu'oser demander le moindre centime de plus aux entreprises en augmentant leurs cotisations; belle vision humaniste des choses, je trouve. Tout Sarkozy résumé en une idée.
Dans le fond, nous avons eu, surtout sur l'économie, les retraites, les salaires, le pouvoir d'achat, un discours de droite classique qui ne propose que de vieilles recettes déjà essayées et dont l'inefficacité est prouvée, à des problèmes urgents.
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