
Bien mal barrés sont, ce jourd'hui, ceux qui ont eu l'idée saugrenue de vouloir faire porter le chapeau du déficit budgétaire de
la France aux enseignants en jouant sur les clichés les plus "racistes" qui traînent sur les profs pour mieux les traîner dans la boue et justifier les calomnies que l'on répand sur leur
compte pour essayer de s'assurer de l'appui de l'opinion publique et camoufler une basse opération de logique comptable de réduction des effectifs, aux dépens de la transmission des savoirs,
dénoncée, y compris par le très UMPéïste syndicat SNALC, qui, pour la première fois depuis très longtemps, a appelé à la grève (c'est dire si ça sent le roussi pour le gouvernement).
Certes, l'Education Nationale est en crise; mais cette crise, c'est celle de la transmission des savoirs et pas d'autre chose.
Or, les seuls remèdes proposés par le gouvernement à cette crise, c'est une logique comptable et une gestion
bétaillère de ses personnels pour en réduire fortement le nombre, comme si cela pouvait être une réponse adaptée au problème alors que c'est tout une nouvelle pédagogie qu'il faudrait
réinventer.
Or, que nous propose-t-on, dans ce domaine? Un retour à un mythique âge d'or qui n'existe pas, du temps, où, soit disant, tous les élèves étaient bons, savaient écrire, compter, lire, etc
... quand mille témoignages du passé, l'analyse des signatures en bas des actes d'état civil, même après que Ferry a rendu l'école obligatoire, démontrent le contraire et où les résultats du
Certif ne sont d'aucune valeur, les maîtres sélectionnant les candidats qui leur semblaient seuls aptes à le réussir.
Croire que les méthodes des années 50 sont encore adaptées aujourd'hui pour répondre à la crise, quelles que soient les matières enseignées, et notamment les nouvelles matières inventées
par Darcos et qu'il faudra faire rentrer dans moins d'heures, le bac pro réduit de 4 à 3 ans, comme si on pouvait faire rentrer 4 années dans 3 et prétendre que la main-d'oeuvre sera aussi bien
formée, c'est mettre à côté de la plaque.
La réalité, c'est cette phrase qu'un élève a sorti à l'une de mes collègues récemment: " Non, mais vous ne pensez tout de même pas que je vais apprendre vos leçons; j'ai une vie après le
collège, moi !".
Le résultat, cette politique bête, bétaillère et simpliste, pour ne pas dire inventée par Simplet, c'est, ce jour,
un très fort taux de grévistes.
Même le gouvernement ne peut le cacher qui annonce 46% de grévistes en primaire (comprenons, en fait, des taux supérieurs à 50 %), les syndicats annonçant, pour leur part 63% dans le même
secteur.
Fait nouveau, de nombreux parents entrent désormais dans la lutte et même des sympatisants du gouvernement, comme Brighelli, l'auteur de la fabrique du crétin et pourtant favorable aux
"bonnes vieilles méthodes" étaient aujourd'hui en grève.
En clair, ils ont le feu au cul; surtout que dimanche a lieu la grande manif organisée sur le seul Paris, composée de profs venus de la France entière et qu'ils sont en train de redouter
plus que tout.
Les dernières déclarations de Santini et Darcos, l'un pour appeler à la grève à la japonaise, l'autre pour fustiger
un mode de revendication archaïque, montre très bien la trouille qui les tient désormais.
On rejoindra, cependant, partiellement Santini et Darcos sur le besoin de renouveler les moyens de lutte. Le blocage administratif des notes, notes sans lequel le système ne peut plus
fonctionner, me semble être un moyen de pression encore beaucoup plus efficace et que certains établissements ont testé, avec succès, l'an dernier, en Martinique (évidemment, nos chers médias
nationaux n'ont guère ébruité l'affaire).
Quoi qu'il en soit, si le gouvernement ne change pas radicalement d'attitude, il prend le risque sérieux d'un début de Sarkothon, de même que l'on avait eu, par le passé, un Juppéthon ou
un Villepinthon.
Ma conclusion à l'adresse de Sarko et sa clique de parvenus bling-bling sera la suivante: "Ce n'est pas en traitant les humains comme du bétail que l'on peut réformer la France"; A bon entendeur, salut !
PS: en illustration, Leonid Bejnev, pour faire écho à l'attitude brejnevienne qui, selon Hervé de Charette, agite les décideurs sarkosistes de son propre camp, l'UMP.
J'ai pris le terme dans sa première acception: la première signification est attestée dès la fin du XVIIe siècle.
L'image est claire car on comprend bien que quelqu'un dont le derrière est en flammes se mette à courir très vite, par réflexe, dans l'espoir idiot de mettre de la distance entre le feu et lui, même si ce n'est forcément la meilleure réaction possible.
Je ne peux pas dire que les manifestations limites odieuses et manipulatrices de Sarko et de Darcos me donnent une quelconque excitation sexuelle !!