C'est étonnant ce qui se passe depuis quelques jours; voici que Bush, Sarko, Mc Cain et toute la bande
des dérégulateurs thatchériens pour qui l'Etat keynésien, les réglementations, les 35 heures etc. sont des inventions de l'Empire du Mal socialo-communiste et de ses suppôts, redécouvrent les
vertus d'une économie régulée.
Que dire de Bush qui, frappé par une soudaine révélation divine, s'est converti aux nationalisations (C'est Mitterrand qui doit bien rire d'où il est !); quant-à Sarko, ce n'est plus une
révélation divine, c'est Bernadette Soubirous le guérissant du mal (on craint cependant la rechute car on connait sa capacité à tenir un discours populisto-caméléon), tant il nous vantait la
dérégulation économique durant sa campagne pour libérer les entreprises des soi-disant entraves qui pesaient sur elles.
Donc, des convertis sincères?
rien n'est moins sur; il s'agit surtout d'une posture politique destinée à sauver les meubles (et qui sait, leurs propres investissements financiers?) ou ce qui peut l'être et d'abord sauver
leurs potes de la haute-finance qui risquent de perdre gros; les promesses de régulation, gageons-le, seront vites oubliées.
On ne les sort que pour illusionner le bon peuple.
Car, ne nous y trompons pas, même si le système est sauvé (et ça reste à prouver), les conséquences économiques seront de toute façon bien réelles sur les économies du monde entier, faillite ou
pas des banques d'affaires nationalisées par Bush et de l'argent massivement réinjecté à leur profit .
De sorte que le citoyen lambda va payer deux fois la note.
La seule chose dont on soit sur, en fait, c'est que même l'Eglise anglicane, par la voix de l'archevêque de Canterbury, Rowan Williams, vient de faire un virage spectaculairement marxiste: " Marx
a fait remarquer il y a longtemps la façon dont un capitalisme débridé peut devenir une sorte de mythe, attribuant réalité, pouvoir et moyen d'actions à des choses qui n'ont pas d'existence par
elles-mêmes "
Son homologue l'archevêque d'York y est allé encore plus fort, parlant des "voleurs de banques" et des "pilleurs d'actifs" à propos de ceux qui ont précipité la faillite de la banque britannique
HBOS.
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