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Et le pape mourut... et un nouveau vint

20 Août 2014 Publié dans #Quelques événements de 1914

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Il était 1h35 du matin lorsque, en ce 20 août 1914, le pape Pie X, né Joseph (Giuseppe) Sarto, 79 ans, a rendu son dernier souffle suite à une bronchite qui n’avait cessé de s’aggraver ces derniers jours avec une température très élevée, des difficultés à respirer et un pouls très irrégulier.


L’homme qui est ainsi mort avait été pape élu pape, il y a onze ans, en 1903 pour succéder au défunt Léon XIII après que le cardinal Rampolla, secrétaire d’Etat, eut été frappé d’exclusive par l’Autriche. Jusque là patriarche de Venise, d’origine fort modeste et né, dit-on, dans une auberge, il vécut au Vatican dans la plus grande des simplicités, fut souvent comparé à un curé de campagne – il admirait d’ailleurs beaucoup le curé d’Ars dont une image trônait sur son bureau - et s’il avait fait venir auprès de lui ses vieilles sœurs, il se refusa à les anoblir, quoique ce fut la tradition. Dans son testament, il  écrivit d’ailleurs : « Je suis né pauvre, j'ai vécu pauvre et je veux mourir pauvre ». Du reste, il fut de nombreuses fois, au cours de son pontificat, loué pour son humilité, sa bonhommie, sa générosité et son désintéressement, ce qui lui acquit une certaine popularité qui n’est peut-être pas étrangère aux miracles qui lui furent attribués et qui lui valurent d’être canonisé en 1954 (aucun pape ne l’avait été depuis le XVIème S.).


Secondé par un petit groupe de prélats constituant son secrétariat personnel et par le nouveau secrétaire d’Etat, le cardinal Merry del Val, un Espagnol que l’on disait irascible, il fut doctrinalement un pape conservateur « dont la force était dans la foi, la hiérarchie et la discipline » pour reprendre les termes du journaliste du Gaulois du 21 août 1914 et pensait que c’étaient aux hommes à s’adapter à la religion et non à la religion de s’adapter aux hommes. Ainsi, il s’opposa fortement au modernisme qui souhaitait adapter la doctrine catholique aux temps modernes (Encyclique Pascendi, 1907), condamna le journal le Sillon de Marc Sangnier qui se situait dans cette mouvance et fustigea la séparation entre l’Eglise et l’Etat en France (Encyclique Vehementer Nos, 1906).


Pourtant, il fut aussi très soucieux d’améliorer le service de Dieu à travers un certain nombre de réformes comme la restauration du chant grégorien, la réforme du Missel et du Bréviaire, l’abaissement de l’âge de la première communion à 7 ans, la codification du droit canonique, l’augmentation des salaires des petits employés du Vatican ou l’appel lancé aux curés d’encourager la communion fréquente et à expliquer, chaque dimanche, le texte du catéchisme issu du Concile de Trente au XVIème S.


Son successeur fut élu le 3 septembre 1914. Le choix de la Curie se porta sur le rejeton d’une grande famille aristocratique romaine, Jacques (Giacomo) della Chiesa qui prit le nom de Benoît XV et qui avait été de nombreuses années, l’un des plus proches collaborateurs du secrétaire d’Etat Rampolla. D’aucuns expliquent ce choix d’un diplomate de formation par la Grande Guerre qui vient de commencer avec la nécessité de ne pas s’aliéner la très catholique Autriche-Hongrie, sans rompre avec les puissances alliées et notamment les catholiques français pour autant.

 

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(Le nouveau pape, Benoît XV)

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