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La chevauchée fantastique

10 Août 2014 Publié dans #Cinéma d'hier et d'aujourd'hui

http://www.dvdclassik.com/upload/images/critique-la-chevauchee-fantastique-ford11.jpg

 

John Ford n'avait plus réalisé de western depuis environ treize ans et la fin du cinéma muet; John Wayne était cantonné aux rôles de cow-boy de série B depuis l'échec du film de Raoul Walsh, la Piste des géants (The Big Trail) en 1930.

C'est alors que le western, qui semblait relégué aux films à très petits budgets, reprit des couleurs en cette extrême fin des années trente et attira à nouveau l'attention de réalisateurs majeurs comme Cecil B. DeMille ou Mickael Curtiz.


John Ford prit la vague en marche: il décida d'adapter une nouvelle d'un certain Ernest Haycox, Stage to Lordsburg, paru dans le Saturday Evening Post, mais surtout, contre des producteurs réticents (il essuie le refus de David O Selznick, par exemple), il réussit à imposer dans l'un des principaux rôles, l'un de ses amis de longue date, John Wayne dont il fit la carrière.

 

Ce film, c'est la Chevauchée fantastique (Stagecoach), sorti en 1939, tourné en partie dans les décors naturels de Monument Valley que l'on peut apercevoir parfois en arrière-plan dans le film.

L'histoire en elle-même, est assez banale: c'est une sorte de "Boule de suif" à l'américaine qui réunit dans un même voyage en diligence, alors que Géronimo est à nouveau sur le sentier de la guerre, trois réprouvés (Dallas [Claire Trevor] la prostituée, l'alcoolique docteur Boone [Thomas Mitchell], tous deux chassés par les ligues de vertu, et Ringo Kid [John Wayne]), face à un banquier véreux et antipathique [Berton Churchill], symbole caricatural du grand banquier libéral qui ne cesse de réclamer la protection de l'Etat pour protéger sa personne et ses affaires, un sympathique représentant en whisky embarqué malgré lui dans cette histoire [Donald Meek] et surtout, au duo représentant de la bonne société et des bonnes manières, constitué de Lucy Mallory [Louise Platt], enceinte, qui cherche à rejoindre son mari, officier de cavalerie et Hatfield, un ancien confédéré reconverti en joueur professionnel et parfait gentleman sudiste [John Carradine].

Rien de bien affolant, en somme, l'ensemble étant relativement convenu; l'événement qui contribue à modifier les comportements est, lui aussi, cousu de fil blanc... s'il n'y avait deux ou trois choses comme le visage de John Wayne qui vient "éclairer" le film, la scène de l'attaque de la diligence par les Indiens - un classique du genre - (mais c'est fou ce que les Indiens sont maladroits et comme les assiégés font mouche à chaque tir ou resque) avec l'arrivée finale de la cavalerie et enfin, la sobriété de la scène où Ringo Kid affronte ses trois adversaires.

En résumé, un film qui est loin d'être le meilleur de John Ford et qui accuse son âge, mais à voir pour l'attaque de la diligence et son côté kitsch.

 

Le film obtint tout de même deux oscars:

- l'un pour le meilleur second rôle, attribué à Thomas Mitchell dont la tête vous est plus connue que le nom (Il est le père de Scarlett O'Hara dans Autant en emporte le vent et le journaliste de Monsieur Smith au Sénat)

- l'autre pour la meilleure musique de film


 

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