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On ne gouverne pas contre l'Histoire de France

17 Juin 2014 Publié dans #C'est juste mon avis

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/53/Siege_of_Paris.jpg

(Le siège de Paris, Meissonnier)

 

Quoique notre histoire, celle de la France, soit impitoyablement massacrée depuis de très nombreuses années dans les programmes de l'enseignement scolaire sous la pression des pédagogols qui la considèrent comme trop difficile à apprendre et à comprendre, suspecte de vouloir exalter la nation et le nationalisme sous prétexte de parler de la France aux Français et obstacle à la modernisation du pays, il n'en reste pas moins qu'elle reste une sorte d'inconscient collectif, un temps long qui continue à inspirer des attitudes, des postures, des réactions dont on surprendrait bien maints observateurs si on leur disait qu'elles proviennent de temps plus ou moins anciens qui puisent au creuset de notre histoire nationale.

 

En effet, la France s'est toujours conçue, qu'on le veuille ou non, comme un modèle qui devait inspirer les autres; une nation fière, libre et indépendante qui devait trouver les moyens de ses ambitions plutôt que de subir les modes et la puissance étrangère.

De François Ier à Charles de Gaulle, en passant par Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, la Révolution, l'Empire ou la IIIème République, ce fut toute la question de la construction de l'Etat moderne et de sa capacité à rassembler, dynamiser, se doter de l'indépendance nécessaire à l'action: du mercantilisme (baptisé colbertisme en France) qui devait réduire notre dépendance économique vis-à-vis de l'étranger, au marché commun à la fois ouvert et protecteur accepté et voulu par le Général afin d'en faire un "champ français", en passant par le rôle de l'Etat comme moteur de l'économie, c'est une même constante qui s'est affirmée au cours des siècles et qui forgea "l'âme française" telle qu'on la connait aujourd'hui.

Gouverner contre elle, c'est soulever contre soi des tempêtes infinies parce que c'est le tréfonds de l'essence française même à laquelle on s'attaque; et on ne gouverne pas un peuple contre "ses gênes" sans prendre le risque de la désagrégation.

 

Or, c'est exactement ce qui se produit aujourd'hui: nos élites, élevées à l'école du mondialisme et du rejet de tout ce qui est éminemment français, à commencer par notre histoire; nos élites acculturées qui méprisent la Princesse de Clèves où qui parasitent le centenaire de la Première Guerre mondiale, épisode jugé trop nationaliste en mettant le paquet sur la Seconde afin de ruiner l'événement; nos élites pour lesquelles l'Histoire de France ne veut plus rien dire et n'a pas de sens, on perdu, par là-même, le contact avec la nation et ce qui constitue "son âme".

Ils ne comprennent plus - et n'ont pas les outils pour comprendre - cette volonté de fierté, de liberté, d'indépendance, bref de grandeur dont la France et les Français ont besoin pour vivre.

Ils ne savent plus relier le passé au présent.

Ils ignorent que c'est toujours en refondant le passé ou en prétendant le restaurer qu'on a toujours fait du neuf en France et qu'on a réussi à marcher dans le sens de l'Histoire.

Partant, à ne jamais réfléchir à ces grandes questions et à vouloir imposer une politique de soumission à l'étranger, au mondialisme, à la dérégulation et la déréglementation, politique qui est au rebours même des "gênes" français et de la France dans la façon dont elle s'est construite, ils s'exposent à tous les risques et tous les dangers car on ne gouverne pas un pays - notre pays - contre son histoire, contre son peuple, contre son "âme" sous peine des explosions nucléaires les plus extraordinaires.

C'est pour l'avoir profondément ignoré que Sarkozy puis Hollande ont été lourdement sanctionnés par les électeurs et que, petit à petit, le seul parti qui semble encore défendre "l'âme française" grignote de plus en plus de voix sur des partis impuissants qui ont perdu le contact avec la "geste nationale".

 

 

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