J'aime beaucoup cette chanson, existentielle et un peu farfelue à la fois, tirée du premier album de Thierry Amiel qui finit second de la première édition de La Nouvelle star; dommage qu'elle ne soit pas plus connue.
Découvrez Thierry Amiel!
J'aime beaucoup cette chanson, existentielle et un peu farfelue à la fois, tirée du premier album de Thierry Amiel qui finit second de la première édition de La Nouvelle star; dommage qu'elle ne soit pas plus connue.
Dans les années 50, au milieu d’une chanson française plutôt insipide, du style «
cerisiers rouges et pommiers blancs », un air nouveau vif et gai, inspiré d’airs latino-américains ou pseudo-espagnols, souffle et s’amplifie dans la deuxième partie de la décennie. Si parmi les
vedettes féminines, ce genre est illustré par les deux rivales Dalida et Gloria Lasso, chez les hommes, c’est sans conteste le fantasque et extravagant Dario
Moreno dont José Arthur disait qu’ « il était notre dernière grande hétaïre », qui s’impose dans ce style.
De son vrai nom David Arugete, il nait à Aydin, près d’Izmir, en Turquie, d’un père turc et d’une mère mexicaine, en 1921 et se fait remarquer, très
jeune, en chantant à la synagogue d’Izmir pour les Bar Mitzvah.
Devenu orphelin de père, sa mère emmène toute la famille au Mexique où il est repéré, durant la seconde guerre mondiale, par un orchestre américain. Cependant, sa carrière ne devient
véritablement internationale qu’après son séjour à Paris en 1948. Dès lors, avec plus ou moins de bonheur et de talent, il va aborder tous les styles, de la chansonnette facile, à l’opérette, en
passant par le cinéma (ainsi le retrouve-t-on, en 1961, dans Tintin et le mystère
de la Toison d’Or)
Il va ainsi s’imposer avec des titres aussi divers que Quand elle danse (1956), Si tu vas à Rio (1958), Tout l’amour (1959), Brigitte Bardot (1961), mais aussi avec l’air du Brésilien d’Offenbach
(1961) ou des reprises de classiques, comme ici, Besame Mucho :
C’est alors qu’il était embarqué dans l’aventure de L’Homme de la Mancha aux côtés de Jacques Brel qu’il meurt
le 1er décembre 1968, victime d’une hémorragie cérébrale, même si plusieurs versions de sa mort existent (dans sa chambre d’hôtel, dans un taxi, à l’aéroport).
Ayant conservé toute sa vie un attachement particulier pour son pays natal, au point de n’avoir jamais abandonné la nationalité turque, il demanda à
être enterré dans sa terre natale. Pourtant, c’est à Holon, en Israël, qu’il a été ensépulturé. Et, puisque nous sommes ici dans un monde gay, je ne voudrais pas terminer cette article sans
les Mouettes de Mykonos :
Sous nos applaudissements, sur ce plateau virtuel, nous accueillons la ravissante Sheila qui nous
revient avec un air de circonstance en ces jours d'été ensoleillés :
(Alors là, si vous êtes du genre à vous mettre une mélodie facile en tête; en plus, perso, j'adore la choré)
L'homme irritait, énervait parfois, passait pour Vieille France et passablement ringard, à la fois mode et kitsch dans un
apparent faux paradoxe, adulé et détesté tout à la fois par des intellos bien pensants agacés de ne pouvoir le classer dans une case bien définie, mais il ne laissait pas indifférent, lui
qui, un jour, définit l'amour de la sorte: " Aimer quelqu'un, c'est lui tenir la tête sur la cuvette quand il vomit, et n'en être pas dégouté! ou
plutôt l'en aimer davantage" et proclamait sa faiblesse pour le "petit Fogiel", comme il aimait à l'appeler.
C'est que Pascal Sevran était, tout simplement, inclassable et
comme tout homme, composé de multiples strates et facettes auxquelles on ne pouvait le réduire, incompréhensible si on ne le saisissait pas en son entier, en ses contradictions multiples et
parfois irréconciliables qui font d'un homme un être de chair et de sang.
Peut-être, lui-même parfois, se demandait-il souvent qui il était et avait peur d'être incompris faute de se comprendre lui-même, parfois.
De Sevran, je ne connais que l'homme de télé et l'auteur de chansons; je n'ai jamais rien lu de lui, même pas son Journal qui,
écrit pour être publié, ne m'a pas donné l'envie, jusqu'ici d'avoir la curiosité d'y jeter n'y serait-ce qu'un coup d'oeil. Il a fallu qu'il meurre pour que je découvre qu'il avait reçu le prix
Roger Nimier, en 1979, et j'avoue que si jamais je lis quelque chose de lui, ce sera d'abord cette oeuvre primée d'une époque où il ne faisait pas encore la Une des télés.
On parle beaucoup, depuis hier, du fameux "Il venait d'avoir 18 ans", écrit pour Dalida, une chanson que j'avais oubliée, que
j'ai redécouverte à l'adolescence et qui, à ce moment-là, me procura l'émotion rare que créent certains chansons que l'on entend la première fois et qui marquent par un trouble indéfinissable et
une érection des poils sur les bras.
N'en doutons pas, dans les chansons qu'il écrivait pour les autres, c'est aussi un peu de lui-même qu'il livrait; cela est vrai d'"Il venait d'avoir 18 ans", cela l'est aussi d'autres chansons
écrites pour Dalida notamment, où c'est un peu de lui qu'il distille à travers des mots qui sont censer parler d'elle.
Qui pourra nier, en effet, qu'à travers "Comme disait Mistinguett" ou "A ma manière", c'est un peu de lui qu'il parlait.
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