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28 octobre, jour du non en Grèce

29 Octobre 2008 Publié dans #Quelques articles historiques

Le 28 octobre, la Grèce célébrait "Le jour du non" (Epétios tou Ochi), l'une de ses deux fêtes nationales.

Cette célébration commémore la réponse faite le 28 octobre 1940 par le premier ministre et dictateur grec Ioànnis Metaxàs à l'ultimatum de Mussolini qui souhaitait prendre le contrôle d'un certain nombre de lieux stratégiques en Grèce et obtenir le libre passage pour son armée.
D'après la légende, la réponse de Metaxàs fut ce simple mot: " Ochi" (Non); d'autres versions proposent néanmoins une réponse moins laconique: " Alors, c'est la guerre".
L'ultimatum lancé à 4h du matin après une fête à l'ambassade d'Allemagne à Athènes et rejeté immédiatement, entraîna l'invasion de la Grèce dès 5h30 du matin par les troupes italiennes stationnées en Albanie.

Ce jour du non est commémoré chaque année depuis la fin de la guerre par des défilés militaires et étudiants. La plupart des bâtiments publics et des habitations sont décorés du drapeau grec.

Sans le savoir, Metaxàs allait être, à son corps défendant, à l'origine indirecte du recul de l'Opération Barbarossa contre l'URSS par l'Allemagne et être lointainement la cause du début des déboires de l'armée allemande qui devaient amener, comme jadis la Grande Armée de Napoléon, à son effondrement face à l'hiver soviétique.
En effet, les troupes italiennes, bien que supérieures en nombre et mieux équipées que les troupes grecques, malgré les efforts de Metaxas pour réarmer la Grèce depuis 1936, furent repoussées et le territoire albanais envahi par les Grecs.
Churchill, à sa manière, célébra cette résistance des Grecs: "Nous ne dirons pas que les Grecs combattent tels des héros, mais que les héros combattent tels des Grecs".
Les Allemands furent donc contraints d'intervenir et d'envahir la Yougoslavie (autre abcès dans les flancs de la Wehrmacht), pour venir au secours des Italiens, ce qui retarda le déclenchement de Barbarossa.


Quant-à Metaxas, lui-même, il représente la version "orthodoxe" de la plupart des régimes conservateurs et légèrement fascisants de l'époque (Salazar, Horthy ...). Il avait pris le pouvoir avec l'appui du roi Georges II le 4 août 1936 afin de mettre fin à l'agitation sociale et à l'anarchie politique qui secouaient le pays.
D'une idéologie assez floue, s'inspirant des autres régimes de l'époque, il fait interdire les partis politiques, prend le titre d' "Archigos" (chef) tandis que la propagande le présente comme le "Premier Paysan", "le Premier Ouvrier" et le "Père de la Nation", rétablit la censure, déclare les grèves illégales, fait arrêter, emprisonner (et parfois torturer) environ 15 000 Grecs avec l'aide de la police politique, l'Asfaleia, avec pour but la défense de l'ordre public, réve d'une Troisième Civiliation Hellénistique combinant les splendeurs de la Grèce antique païenne et de la Grèce byzantine chrétienne, s'appuie sur une organisation de jeunesse pour diffuser son idéologie (l'EON: Organisation Nationale de Jeunesse), mais, dans le même temps, la Grèce lui doit un certain nombre de réformes sociales sur lesquelles elle vit encore en partie et qui, en France, à la même époque, furent proposées par le Front populaire ou même après guerre: salaire minimum, assurance chômage, congé de maternité, la semaine de 5 jours et de 40 heures, 2 semaines de congés payés, des règles plus strictes en matière de sécurité au travail.
Il faut noter aussi que le régime ne fut pas antisémite: les groupes antisémites tels l'ultranationaliste Ethniki Enosis Ellas (EEE) furent interdits de même que la propagation d'idées antisémites dans la presse.

"Pays, Loyauté, Famille et Religion" étaient les valeurs considérées comme fondamentales.
Le Labrys (hache à double tranchant devenu le symbole d'un pouvoir matriarcal et féminin associé aujourd'hui au lesbianisme) devint le symbole principal du régime.

Metaxàs est mort le 29 janvier 1941 avant l'effondrement de son pays sous l'invasion allemande. Un personnage qui, en tout cas, refléte bien la complexité et les contradictions de la période.

PS: affiche de propagande grecque montrant Metaxàs guidant les forces armées grecques dans sa résistance contre les Italiens (mémorial de Caen).

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H
Ambigüité du pouvoir que tu décris si bien (je me rappelle tes articles sur la France pétainiste)...Mussolini créa Littoria et bonifia les marais pontins, il faisait le bisou à Hitler aussi (tout comme à Clara Petacci mais différemment)
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