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Un tsar bulgare bisexuel

7 Mars 2009 Publié dans #Homosexualité (actu - people - coups de gueule ...)

Le tsar Ferdinand Ier de Bulgarie (1861/1948), fait partie de ces quelques dirigeants bisexuels dont le XIXè siècle nous offre de temps en temps l'image.

Dernier né du couple formé par le prince Auguste de Saxe-Cobourg-Gotha et de la princesse Clémentine d'Orléans, fille du roi Louis-Philippe, élevé dans un environnement surtout austro-hongrois, il fut l'enfant préféré de cette dernière, avec laquelle, dit-on, il vivait une relation fusionnelle (mais ne s'agit-il pas là d'un cliché communément entretenu concernant les personnes auxquelles on prête des tendances homosexuelles, au sens, d'attirées par des personnes de leur sexe, sans que celles-ci soient forcément exclusives?) et qui, femme ambitieuse et déplorant de ne jamais avoir été reine elle-même, usa de véritables actions de propagande et de lobbying pour placer son fils sur le trône de la principauté de Bulgarie, après la démission du prince Alexandre Battenberg en 1886, si bien que Ferdinand, malgré l'avis contraire de la Russie, fut élu nouveau prince par l'assemblée bulgare, largement russophobe.
Quant à la princesse Clémentine, sa mère, elle joua un certain rôle diplomatique sous le règne de son fils et, grâce à son immense richesse qui lui permit, entre autres, de participer au financement de la construction d'une voie ferrée reliant la Bulgarie au réseau ferré européen, elle devint très populaire auprès des Bulgares.
Elle mourut à Vienne en 1907, âgée de 90 ans.


Ferdinand fut, lui, toute sa vie, passionné de botanique, d'entomologie, de philatélie sans compter une passion pour l'écriture. C'est ainsi qu'en 1933, sur l'île de Rhodes, il découvrit une nouvelle variété d'orchidées qui fut baptisée en son honneur:
Ophrys regis-ferdinandii.
Malgré les sombres prévisions de certains de ses contemporains qui lui prédisaient un avenir incertain et même plutôt noir en Bulgarie (la reine Victoria déclarant même à son premier ministre: " Il est totalement inapte .... trop sensible, excentrique, efféminé ... il faudrait l'empêcher d'accepter"), Ferdinand sut se faire apprécier de ses sujets.

S'il eut une aventure avec Catherine Schratt, la maîtresse de l'empereur François-Joseph, et s'il fut marié en 1893 avec Marie-Louise de Bourbon-Parme, soeur de la dernière impératrice d'Autriche-Hongrie, Zita, à laquelle il fit quatre enfants, son attirance sexuelle pour les hommes était connue de toutes les cours européennes et l'on savait que Ferdinand, dont le goût était connu pour les beaux jeunes hommes blonds, avait l'habitude de se rendre à Capri, une retraite bien connue des riches homosexuels du XIXè siècle.
Aussi, au niveau diplomatique, n'hésitait-on pas parfois à se faire accompagner de jeunes écuyers pour tenter d'amadouer le prince auquel il arrivait aussi de se livrer à quelques escapades avec ses conquêtes, s'il faut en croire la légende qui raconte qu'en 1915, il fit faux-bond à son ministre de la guerre qui ayant besoin de le voir d'urgence, ne le trouva pas, Ferdinand étant parti faire un pique-nique avec l'une de ses nouvelles rencontres.
D'ailleurs, après la mort de sa femme en 1899, en mettant au monde leur quatrième enfant, il ne se pressa pas de se remarier.
Seule la mort de sa mère, en 1907, le décida à contracter une nouvelle alliance, purement conventionnelle, en 1908, avec Eléonore de Reuss-Köstritz.


On raconte aussi que Ferdinand, bien qu'homme de grande courtoisie, n'appréciait pas qu'on lui manquât de respect, comme semblent le montrer ces deux anecdotes:
- le Kaiser Guillaume II ayant l'habitude de claquer vigoureusement les fesses de ses invités masculins en signe de camaraderie (Ferdinand et Guillaume étaient cousins), se livra à ce genre d'exercice un jour que Ferdinand se penchait à une fenêtre du palais de Postdam pour regarder dehors. Celui-ci se plaignit fortement du geste, Guillaume dut présenter ses excuses et, en représailles, Ferdinand qui devait passer un important contrat d'armement avec Krupp, se tourna finalement vers le groupe français Schneider
- en 1910, aux obsèques du roi Edouard VII, dans le train privé qui devait les conduire, une dispute éclata entre Ferdinand et l'héritier du trône austro-hongrois François-Ferdinand (le futur assassiné de Sarajevo) pour savoir lequel aurait la préférence sur l'autre. François-Ferdinand ayant eut gain de cause occupa la voiture immédiatement placée derrière la locomotive et Ferdinand la suivante. Or, pour se rendre au wagon-restaurant, il fallait traverser la voiture de Ferdinand ... en signe de vengeance, celui-ci n'autorisa pas l'austro-hongrois à le faire.

Politiquement, si la première partie de son règne fut marquée par une attitude plutôt hostile vis-à-vis de la Russie, à l'initiative de Stamboulov, le principal homme politique du pays, l'assassinat de se dernier, en 1894, marque un tournant et le début du rapprochement de Ferdinand avec son voisin russ
e, symbolisé par le baptême de l'héritier du trône, le futur roi Boris III, dans la religion orthodoxe.
D'autre part, voulant profiter de l'affaiblissement de l'Empire Ottoman auquel sa principauté était théoriquement soumise, saisissant l'occasion de l'annexion de la Bosnie-Herzégovine par l'Autriche-Hongrie, il proclama, la même année, en 1908, l'indépendance de la Bulgarie dont il fut proclamé tsar.
Dans la même lignée, il fut l'un des promoteurs et celui qui fournit le plus gros effort dans la première guerre balkanique pour obtenir de nouvelles dépouilles de l'Empire Ottoman.
Hélas, il devait perdre les avantages acquis lors de la deuxième guerre balkanique suite à sa défaite contre la Serbie et ses anciens alliés.

Espérant prendre sa revanche avec la Première guerre mondiale, il s'allia aux Allemands, aux Austro-Hongrois et aux Ottomans ! et son pays entra dans la guerre à partir de  1915 et réussit à conquérir la Serbie.
Cependant, l'armée bulgare ne put résister à l'offensive alliée de 1918 et s'effondra.

Afin de préserver les intérêts de son fils, il abdiqua le 3 octobre 1918 et partit vivre à Cobourg.
L'histoire ne fut pas très clémente avec Ferdinand qui vit mourir son fils Boris dans des circonstances mystérieuses après sa rencontre avec Hitler, en 1943, et son autre fils, le prince Cyrille, régent pour le compte de Siméon II, exécuté par les Communistes.
Aussi, c'est un homme brisé qui s'éteint le 10 septembre 1948 à Cobourg.

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David 30/12/2012 20:48


Le tsar Boris est mort non pas de mort mystérieuse mais d'un rétrécissement de l'aorte, comme nous l'a appris l'autopsie de son corps.


Beaucoup à l'époque y ont vu un empoisonnement imputé à Hitler auquel il refusait opiniatrement la déportation et l'arrestation de la communauté juive Bulgare.


Il fut le seul avec les souverains du Dannemark a résister aux pressions d'Hitler.


Le régime communiste  et a tout fait pour que l'on oubli cette résistance remarquable(On a déplacé la scépulture royale).


 la Bulgarie fut le seul pays a ne pas appliquer les théories raciales du 3eme Reich

Jj 30/09/2012 22:29


il était certainement plus facile à ces hauts personnages d'avoir des conquêtes que n'importe quel quidam du petit peuple !


Blog intéressant, j'aimerais m'y abonner, mais j'ai l'impression que les articles sont de moins en moins présents....


à suivre...


Jj

01/10/2012 20:37



Je n'ai effectivement plus le temps nécessaire pour tenir ce blogue qui est donc délaissé depuis de nombreux mois. L'effet de l'augmentation sensible de la charge de travail dans l'Ed. Nat. et
des nouveaux programmes à préparer (enfin, on arrive à la fin en cette année) y sont pour beaucoup, mais je ne désespère pas de reprendre un jour.