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Législatives de 1914 et conséquences

27 Avril 2014 Publié dans #Quelques événements de 1914

Les élections législatives des 26 avril et 10 mai 1914 se firent en partie sur la question de la loi des trois ans et furent les premières, en France, à avoir recours à l'isoloir.

Tandis que les socialistes et une partie des radicaux firent campagne sur l'abrogation de la loi, au centre, se constitua une "Fédération des gauches", à l'initiative de Briand, Barthou, Chéron et Jean Dupuy (le directeur du Petit Parisien) qui se donna comme programme le respect de la laïcité et le maintien de la loi des trois ans, tout comme une autre partie des radicaux.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/bb/France_Chambre_des_deputes_1914.png/700px-France_Chambre_des_deputes_1914.png

 De fait, même si on constata une poussée électorale des opposants à la loi (la SFIO vit son nombre de députés croître de 75 à 102), ce qui donna l'impression à certains d'une victoire de ces derniers, ce furent bien les partisans du maintien de la loi qui l'emportèrent au soir du 10 mai 1914, d'autant plus que certains radicaux, ayant promis l'abrogation de la loi à leurs électeurs, jugeaient en fait contraire à l'intérêt national l'exécution immédiate de cette promesse.

  Néanmoins, Gaston Doumergue, Président du Conseil et radical favorable au maintien de la loi, n'en présenta pas moins sa démission au Président de la République le 02 juin 1914, jugeant la Chambre trop à gauche, plaçant ce dernier dans la nécessité de lui trouver un successeur.

 

Poincaré s'adressa d'abord au socialiste indépendant, René Viviani, qui bien qu'ayant voté contre la loi, considérait que son abolition ne pourrait dépendre que de l'évolution de la situation internationale, mais ce dernier essuya les refus aussi bien des fermes partisans du maintien, que de ceux qui refusaient que l'abrogation dépendît de l'évolution des circonstances internationales. Il renonça.

Le poste fut alors refusé tour à tour par Paul Deschanel, Président de la Chambre des députés, Théophile Delcassé qui, cloué au lit par une furonculose, était bien incapable de quoi que ce soit, Etienne Clémentel, Paul Peytral et Jean Dupuy, tous favorables au maintien de la loi.

En desespoir de cause, Poincaré se tourna alors vers le vieil Alexandre Ribot, ancien Président du Conseil, ancien ministre, notamment des affaires étrangères, républicain modéré, favorable à un impôt sur le revenu, mais contre lequel certains radicaux gardaient une dent pour ce qu'il avait voté contre la séparation des Eglises et de l'Etat. Néanmoins, il réussit à former autour de lui une équipe officiellement nommée le 09 juin, avec un certain nombre de personnes qui s'étaient défaussées auparavant: lui-même se réserva la justice, Léon Bourgeois prit les affaires étrangères; Théophile Delcassé, la guerre; Emile Chautemps, la marine; Paul Peytral, l'intérieur; Etienne Clémentel, les finances; Jean Dupuy, les travaux publics; Maurice Maunoury, les colonies; Arthur Charles Dessoye, Président de la Ligue de l'Enseignement, l'instruction publique; Marc Réville, le commerce; Adrien Dariac, l'agriculture et Jean-Baptiste Abel, le travail. En outre, trois sous-secrétaire d'Etat, tous radicaux, ont été nommés pour renforcer le poids politique du gouvernement: Alfred Margaine à la guerre, Joseph Le Cherpy à l'intérieur et Charles Guernier à la marine.

Peine perdue car par 306 voix contre 262, l'ordre du jour proposé par Messieurs Dalimier et Puech et refusé par le gouvernement, se vit accorder la priorité et par 374 voix contre 187, il fut adopté sur le fond, rejettant le gouvernement pour ce qu'il s'appuyait insuffisamment sur une majorité de gauche. Le gouvernement n'avait pas duré trois jours.


René Viviani fut appelé une seconde fois à tenter de constituer un gouvernement. Il devait, cette fois, parvenir rapidement à ses fins, avec un gouvernement officiellement nommé le 13 juin 1914 et dont nombre des membres étaient d'anciens ministres du gouvernement Gaston Doumergue.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/aa/Viviani_1912.jpg/451px-Viviani_1912.jpg

(René Viviani)

 

Président du Conseil et ministre des affaires étrangères: René Viviani

Justice: Jean-Baptiste Bienvenu-Martin

Intérieur: Louis Malvy

Finances: Joseph Noulens

Guerre: Adolphe Messimy

Marine: Armand Gauthier, de l'Aude

Instruction publique: Victor Augagneur

Travaux publics: René Renoult

Commerce: Gaston Thomson

Agriculture: Fernand David

Colonies: Maurice Raynaud

Travail: Maurice Couyba

 

Sous-secrétaires d'Etat:

- affaires étrangères: Abel Ferry (le neveu de Jules Ferry)

- intérieur: Paul Jacquier

- guerre: Jean-Octave Lauraine

- beaux-arts: Albert Dalimier (c'est son ordre du jour qui avait fait choir le gouvernement Ribot)

- Marine marchande: Pierre Ajam

 

Il se fixa comme programme de lancer un grand emprunt afin de faire face aux difficultés financières accrues par l'adoption de la loi des trois ans, en attendant le vote d'un impôt progressif sur le revenu et le capital.

Concernant cette loi, il s'engagea à présenter de nouvelles lois sur la préparation militaire de la jeunesse et sur la réorganisation des réserves. C'est seulement quand ces lois auront été votées, qu'elles auront démontré leur efficacité et en fonction des nécessités de la défense nationale "que le gouvernement pourra proposer un allégement partiel des charges militaires.

Enfin, il envisagea d'améliorer les retraites ouvrières en y intégrant l'invalidité et le chômage involontaire et de doter les syndicats de pouvoirs légaux plus efficaces les syndicats.


La confiance lui fut accordée par 370 voix contre 137.



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