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Hawaï, police d'Etat (saison 1)

2 Mai 2021 Publié dans #Télévision d'hier

Titre original de la série "Hawaï, Five-0"

Ce qui suit se rapporte essentiellement à la saison 1 (diffusée aux Etats-Unis pour la première fois entre le 20/09/1968 et le 19/03/1969 et en France en pour la première fois en 1973).
Titre original de la série "Hawaï, Five-0"; diffusée aux EU jusqu'en 1980 (soit un total de 12 saisons).

Notons, tout d'abord et avant tout le principal problème présenté par le support dvd: la bande-son en français n'a pas été refaite et est parfois très défectueuse, au point que des sous-titres français apparaissent à l'écran.

McGarrett (Jack Lord) est un ancien marine de la seconde guerre mondiale qui dirige la police d'Etat d’Hawaï, appelée Five-0 par référence au fait qu’Hawaï est le 50è Etat de l'Union, sous l'autorité du gouverneur et du procureur (attorney general aux EU), assisté par Dany Williams (James MacArthur), Chin Ho (Kam Fong) et Kono (Zulu) qui représentent la diversité ethnique de l'île.
On notera cependant que les deux représentants des minorités ethniques (Kono pour les Hawaïens et Chin pour les Asiatiques) sont "réduits" dans la série à des rôles subalternes qui les mettent peu en valeur, l'essentiel de leur enquête se déroulant hors-caméra, excepté quelques filatures, prises de renseignements auprès des communautés et apparitions dans le bureau du chef, et d'autant moins en valeur que le jeu des acteurs - et c'est aussi valable pour McGarrett - est un jeu figé, inexpressif, ce qui ne contribue pas vraiment à leur donner de l'épaisseur, surtout que l'on ne sait pratiquement rien de leur personnalité ou de leurs occupations externes, à de rares allusions près (McGarrett se livre souvent à un jogging sur la plage, Williams fréquente les matchs de boxe ...).

Au vrai, en dehors de l'enquête, elle-même, la série est surtout centrée sur les criminels, leur entourage et McGarrett défenseur de la vérité et de la loi; criminels de toutes sortes, du grand bandit au minable raté qui tente un coup et au type ordinaire qui a tué sans en avoir eu l'intention.
A noter d'ailleurs, parmi les stars invitées ("guest stars" in the text), quelques acteurs de la très ringarde "Ile fantastique" ou encore Sal Mineo, le Platon du la Fureur du Vivre qui tient un rôle, à vrai dire médiocrement interprété, d'un chanteur raté qui simule son enlèvement avant d'être la victime de ses complices.

Série vieillie donc, et surtout série à la croisée des mondes et des générations (les gourous, la drogue, les jeunes sont parmi les thèmes qui apparaissent dans cette saison) où le ton adopté est souvent conservateur, voire rétrograde pour mieux masquer, en fait, le désarroi d'une époque qui a du mal à accepter les évolutions sociales (ainsi les jeunes filles sont souvent présentées comme paumées, sans cervelles ou évanescentes, quand elles ne se livrent pas à la drogue ou à des gourous tandis que dans un épisode relatif à une prise d'otage dans une prison, figure parmi les revendications d'éloigner les "gamins, ceux qui font de la prison pour la première fois", des homosexuels, surtout les vieux dégueulasses, comme quoi, encore à l'époque, l'idée était bien ancrée dans les esprits d'un caractère intrinsèquement pervers à l'homosexualité).

Le personnage de McGarrett semble, lui-même, refléter ce conservatisme traditionaliste qui fait de lui une sorte de John Wayne policé, en costume trois-pièces, dont il renferme d'ailleurs, ainsi que la série, les contradictions.
Car, sur certains sujets, paradoxalement, alors que l'on s'attendrait à la voir prendre des positions ultra-conservatrices, on note de timides concessions à l'époque:
- ainsi un soldat noir (sans doute fallait-il cela pour faire passer la pilule) de retour du Vietnam permet d'évoquer les troubles survenus chez les combattants qui en reviennent
- ainsi par rapport au pacifisme des jeunes opposés à la guerre, présentés comme des utopistes, mais qui ne subissent pas une condamnation radicale de McGarrett qui les rejoint jusqu'à un certain point dans leur combat pour la paix, tout défendant la vision d'un patriotisme défensif
- ainsi sur l'homosexualité elle-même, condamnée quand elle est ouvertement évoquée, comme je l'ai dit, mais glissée de façon détournée dans un autre épisode, où, sans être nommée, on comprend qu'elle est le mobile du crime: une passion homosexuelle qui a mal tourné entre un des militants pacifistes et celui qui fut l'objet de son amour; crime "excusé" par la passion amoureuse dans cet épisode, bien que pour le dissimuler, l'assassin adoptât des positions radicales proches de la justice populaire pour tenter de faire accuser un autre à sa place, comme quoi l'homosexualité reste "subversive" par certains côtés.

Reste tout de même à savoir pourquoi l'on traduit le surnom d'un des criminels, appelé Big Chicken, par Beau Sourire en français ? Un autre type de préjugé serait-il à l’œuvre concernant le jeu de l'acteur qui fait plutôt "gay" ?

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