Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Maurice Rouvier, 27 janvier 1905

24 Avril 2014 Publié dans #Déclarations ministérielles

8ème législature (01 juin 1902 - 15 avril 1906)

 

 

Déclaration ministérielle de Maurice Rouvier qui présente son gouvernement à la Chambre des députés, le 27 janvier 1905.

 

http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/biographies/photo/jpg/6152.jpg

 

" Messieurs,


Le cabinet qui se présente devant vous s’est imposé, dans les circonstances difficiles et troublées que traverse le pays, une double tâche : amener dans les esprits la détente et l’apaisement, et dans l’atmosphère de clarté et de loyale entente républicaine ainsi rétablie, réaliser au plus tôt les réformes dont la Chambre, par un vote solennel, a proclamé l’urgence à une imposante majorité.

Il importe d’abord de dissiper toute équivoque. Déplorant et réprouvant avec la plus grande énergie les procédés inadmissibles que la Chambre a condamnés, fermement résolus à ne plus demander les moyens nécessaires au gouvernement qu’aux organes réguliers et légaux de l’administration, à l’exclusion de toute autre organisation extérieure, quelle qu’elle soit, nous nous refuserons à céder aux mises en demeure violentes que formulent les adversaires de la République dans la campagne qu’ils mènent contre elle à grand bruit, sans se soucier de savoir si, pour assurer leur triomphe, ils ne risquent pas de compromettre la défense nationale et d’atteindre à la France elle-même.

C’est pourquoi, et la preuve étant déjà faite que ce ne sont pas de notre part paroles vaines, nous demandons au Parlement, nous demandons au pays tout entier, de s’unir à nous pour effacer dans un patriotique intérêt le souvenir de nos dissentiments, déterminés que nous sommes à ne plus nous laisser détourner du travail qu’il faut accomplir si nous ne voulons pas arriver à la fin de la législature, dont le terme approche, sans avoir donné au pays une seule des réformes promises.

Avant cette date qui n’est plus lointaine, deux budgets – dont l’un, celui de 1905, doit être poursuivi sans désemparer – sont encore à voter. Le temps nécessaire pour leur discussion une fois prélevé, il ne restera plus une minute à perdre.

Le Sénat a mis à son ordre du jour le plus prochain l’examen de la loi sur la réduction du service militaire à deux ans. Tout permet d’espérer que, grâce à l’entente des deux Chambres, une des charges les plus lourdes qui pèsent sur la nation, se trouvera plus également répartie tout en rendant l’armée nationale plus homogène et plus forte.

Pour hâter, dans la mesure de ses forces, la réalisation des réformes sur lesquelles la Chambre, dans la dernière interpellation sur la politique générale, a marqué le sentiment du pays : assistance aux vieillards et aux incurables, abrogation de la loi Falloux, impôt sur le revenu, séparation des Eglises et de l’Etat, caisses de retraites pour la vieillesse, le gouvernement les prendra au point où le cabinet précédent et les commissions du Parlement les ont menées. Tous ses efforts seront donnés à ce travail ; il ne dépendra pas de lui qu’il n’aboutisse.

A l’extérieur, nous continuerons la politique qui, grâce à l’appui éclairé du Parlement et à l’assentiment manifeste de la nation, par la pratique active de notre alliance et la réalisation d’utiles rapprochements, a fortifié notre situation dans le monde et fait de notre pays, à des heures critiques, un agent écouté de concorde internationale.

C’est l’accomplissement de cette œuvre d’apaisement, de réformes, de progrès, que le gouvernement fait appel au concours libre et loyal de tous les républicains ".

 

L'ordre du jour de confiance, présenté par les députés Puech et Sarrien et acccepté par le gouvernement (" La Chambre, comptant sur le gouvernement pour par réaliser l'union les réformes laïques, démocratiques et sociales, et repoussant toute addition, passe à l'ordre du jour") est approuvé à 410 voix contre 107.

Commenter cet article