Lucrèce Borgia - Victor Hugo
18 Avril 2019 Publié dans #Lectures
Représentée pour la première fois le 2 février 1833 au théâtre de la Porte Saint-Martin.
Lucrèce Borgia, épouse du duc de Ferrare, succombe au charme du jeune Gennaro, né de parents inconnus, qui doit bientôt faire partie de l’ambassade vénitienne auprès du duc. Or, l’ensemble des membres de cette ambassade n’a qu’aversion pour Lucrèce qui est peu ou prou liée à l’assassinat de membres de leurs familles respectives. C’est ainsi qu’ils révèlent à Gennaro que la belle dame masquée qui lui conte fleurette quand ils le retrouvent n’est autre que cette dernière ; il la maudit mais Lucrèce vient soudain de comprendre qui est véritablement Gennaro et promet de se venger de ceux qui ont révélé son identité.
Mais, ce qu'elle ne sait pas, c’est qu’elle est par ailleurs espionnée par son propre époux qui la soupçonne d’adultère et qui commence à vouer une haine mortelle à Gennaro qu’il croit son amant. Aussi, quand Lucrèce vient réclamer vengeance après que son nom a été mutilé par un inconnu, que cet inconnu est Gennaro et qu’il ne nie pas, Lucrèce est chargée, par le duc de Ferrare, inflexible, de l'empoisonner quoiqu'il ait fait mine de lui accorder la vie sauve. C’est évidemment compter sans Lucrèce qui fournit au jeune homme un contrepoison salutaire, non sans lui ordonner de quitter Ferrare au plus vite afin de se mettre en sécurité.
Or, loin de s’y résoudre, celui-ci se rend au bal de la princesse Negroni où a été invitée l’ambassade vénitienne. Hélas, le bal n’est qu’un piège, Lucrèce a fait empoisonner les ambassadeurs sans se douter un instant que Gennaro y serait aussi présent. Quand elle le découvre, l’horreur se peint sur son visage car ce Gennaro n’est autre que le fils de son frère et de… Lucrèce elle-même qui le lui révèle en expirant sous son poignard vengeur.
Derrière le divertissement, derrière la légende noire des Borgia experts en poisons et assassinats qu’elle contribue à répandre, que dire de la pièce de Victor Hugo, sinon qu'elle pose clairement la question des passions individuelles dans l’exercice du pouvoir, des dérives de l’autorité absolue et du poids de l’hérédité dans le destin fatal qui entraîne Lucrèce Borgia de crime en crime qu’elle le veuille ou non.
De plus, cette pièce menée tambour battant, fit une telle impression aux hommes de l'époque que Donizetti en tira un opéra.
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