Les Boussardel (feuilleton)
23 Juillet 2021 Publié dans #Télévision d'hier
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Tirée de la saga que Philippe Hériat consacra à cette famille bourgeoise fictive, la mini-série télévisée (5 épisodes de 94 à 128 minutes), réalisée par René Lucot, a été diffusée pour la première fois en 1972 et fait appel à de nombreux comédiens, essentiellement venus du monde du théâtre, qui tiennent parfaitement leur rôle pour la plupart, ce qui fait que, malgré son âge et sa réalisation très, très classique, cette série se laisse encore regarder sans déplaisir.
De 1815 aux années 1950, elle narre l'ascension, l'évolution puis la perte d'influence des Boussardel, dont la fortune, construite par Florent Boussardel, fonctionnaire au Trésor, commence lors d'une rencontre au célèbre restaurant Véry avec un financier proche d'Ouvrard, célèbre homme d'affaires et spéculateur notoire de l'époque révolutionnaire, impériale et des débuts de la Restauration. Un plat, consommé de génération en génération dans la famille, le faisan à la Sainte-Alliance, dont l'histoire est totalement réécrite au fil du temps, montre d'ailleurs la capacité de ces familles bourgeoises à se construire une origine aussi glorieuse que fictive.
Dans la réalité, Florent Boussardel est un homme ambitieux, sans scrupules, qui évite les engagements politiques trop marqués et décidé à arriver à coups de spéculations diverses, notamment immobilières. Il ne rêve que de fonder une dynastie au point de sacrifier la vie de sa femme lors d'un accouchement difficile, au profit des jumeaux qu'elle met au monde. Les générations suivantes, dont l'hôtel particulier ouvre directement sur le Parc Monceau, figurent parmi les grands gagnants au loto des grands travaux du baron Haussmann sous le Second Empire et les mariages n'ont comme intérêt que de consolider la fortune familiale, tandis que le vernis des apparences craque sous l'appât du gain, la sécheresse totale de cœur et le comportement libertin du 3ème héritier qui meurt au bordel. Les inutiles (malades, personnes de faible constitution, les mésalliés etc...) sont écartés et tout est fait pour capter leur part d'héritage, quand ils ne font pas l'objet d'un mépris cynique et total qui point sous l'ironie de quelques langues de vipère, gardiennes de la "morale".
Agnès, pourtant Boussardel jusqu'au bout des ongles, est, à cette égard, considérée comme la pestiférée de la famille pour avoir voulu mener une vie plus libre et moins puritaine. Cela lui vaut la haine de sa propre mère, matriarche du clan, d'autant plus qu'elle a un enfant hors-mariage qu'un cousin accepte de légitimer alors que toute la famille sait qu'il est incapable de procréer dans un contexte où, la fortune familiale étant en perte de vitesse, tout est bon pour la partager la moins possible. L'enfant d'Agnès en gardera une sensibilité ombrageuse et à fleur de peau.
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