La Baloutchie (Introduction)
7 Octobre 2007 Publié dans #Les pensées - mais pas celles de Pascal

La Baloutchie est un des Etats du système cosmo-planétaire n°112, sur la planète XIV.
Mais cet astre, petit au regard de ses géantins voisins, cache une originalité singulière; en effet, chacun des pays qui la composent a cette faculté inextricable de mélanger le présent et le passé pour constituer une société originale.
Aussi la Baloutchie n'échappait-elle point à cette règle.
En apparence, c'était une république, imitée de la République romaine.
Mais, dans les faits, c'était un Empire qui avait confié son destin à un homme providentiel Napoléon Severus, lequel, bien qu'il ne fut rien changé aux institutions, exerçait un pouvoir quasi-absolu.
Il était devenu tout à la fois, le Pontifex Maximus, l'Oracle, celui par la bouche duquel les dieux s'exprimaient, le Pater patria qui avait sauvé celle-ci en restaurant la paix publique après avoir éradiqué la délinquance juvénile qui terrorisait les bons citoyens, l'Imperator, commandant ses troupes au combat et le Princeps, le premier des citoyens, celui dont la vie devait être un modèle et un exemple pour tous.
En récompense, le Sénat de la République lui avait même décerné le titre d'Augustus, terme à connotation religieuse qui désignait à la fois un homme consacré par les dieux, mais aussi capable d'accroître perpétuellement l'espace public.
Et seuls les dieux savaient à quel point Napoléon Severus avait agrandi cet espace jusqu'à en faire le moyen de sa conquête du pouvoir: il n'était, en effet, nul problème, nul débat qu'il ne voulût y participer et bientôt, on ne vit le forum empli que de sa seule parole, et, comme nous le disions, la fortune des dieux semblant lui être assurée, elle devint bien vite l'alpha et l'omega de la pensée pour le bon peuple qui, massivement, épris par sa nouvelle philosophie, le porta au consulat qui devait lui servir de tremplin pour le mener là où il est maintenant.
Cette philosophie nouvelle se résumait en quelques aphorismes qui exaltaient le bon sens de l'antique Rome, de celles que n'eussent pas reniés les anciens Romains, de Cincinnatus à Fabius Cunctator en passant par Fabricius, ces hommes si pleins de vertu, de sagesse et de patriotisme.
Ainsi, Napoléon Severus répétait-il souvent:
" Pour gagner plus, il faut travailler plus"
"Les bons baloutchs sont les gens qui se lèvent tôt; les mauvais les autres"
" C'est en se rasant que l'on apprend à être ambitieux"
"Une racaille, qu'est-ce que c'est? Un type que l'on a envie de karchériser"
"Je suis Baloutch, et aucun des problèmes des Baloutchs ne m'est inconnu"
"Un bon étranger, c'est un étranger dont on connaît de façon certaine l'origine et qui parle notre langue"
" Un mauvais étranger se reconnaît facilement: il n'est pas blanc et ne parle pas notre langue"
"Si les gens veulent travailler comme esclaves pour des salaires de misère, nous devons les laisser faire, cela relève de leur droit à être exploités"
Pour chaque problème de la vie, Napoléon Severus avait toujours l'aphorisme qui pourrait le résoudre facilement.
Helas pour lui, il n'avait qu'un seul problème qui empêchait son bonheur d'être parfait: l'impératrice Camélia et son caractère ombrageux lui causaient bien des soucis.
(A suivre...)
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