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Les anges marqués (The Search)

7 Avril 2008 Publié dans #Cinéma d'hier et d'aujourd'hui


            Dans le résumé que j'ai fait, il y a quelques temps, du livre d'Eugen Kogon sur les camps de concentration, je signalais la mention, par l'auteur, de nombreux enfants dans ceux-ci.

            Le film de 1948, de Fred Zinneman, The Search (Les Anges marqués en Français, titre qui le résume intelligemment), réalisé dans la zone d'occupation américaine en Allemagne (avec pour décors les ruines des villes allemandes d' Ingolstadt, Nuremberg et Würtzburg), a justement ces enfants libérés des camps pour sujet.
Ces enfants qui se retrouvent séparés, parfois définitivement, de leur famille et qui sont pris en charge par l'UNRRA (United Nations Relief and Rehabilitation Administration).
Commençant comme une sorte de documentaire, il cherche d'abord à montrer le traumatisme subi, notamment lorsqu'il insiste sur les conséquences psychologiques des camps qui prennent ici un tour dramatique puisque l'un des enfants, après être monté, non sans crainte, dans une ambulance dont le pot d'échappement défectueux laisse échapper une odeur de gaz, panique, s'enfuit avec d'autres et finit par se noyer dans un fleuve pour échapper à ses poursuivants qu'il confond avec les nazis.

            Parmi ces enfants se trouve un jeune tchéque (Ivan Jandl) dont on n'a pu établir l'identité parce que, profondément marqué (on découvrira plus loin dans le film qu'il porte un matricule d'Auschwitz sur le bras), il refuse de répondre ou alors se contente de répéter en allemand: " Ich weiß nicht".
Enfui avec les autres enfants, se retrouvant seul après la noyade de son camarade français qui l'avait pris sous sa protection (camarade qui, par parenthèse, parle français dans le film qui est en VO sous-titrée; apparemment, la version en français n'est pas en vente; je ne l'ai pas trouvée en tout cas), il erre dans les ruines avant d'être pris en charge par un ingénieur militaire américain venu en Allemagne aider à la reconstruction des ponts détruits par la guerre, Steve Stevenson (Montgomery Clift) qui lui apprend, notamment, à parler Anglais.

            Pendant ce temps, la mère de l'enfant (Jarmila Novotna) que tout le monde croit morte gazée à Auschwitz, est à la recherche de celui-ci.
Même si le traditionnel "happy end" se trouve à la fin, la façon dont le traite Zinneman montre que, pour lui ce n'est pas le moment le plus important du film et qu'il y a bien des situations qui demeurèrent hélas tragiques pour ces trop souvent orphelins et enfants restés sans parents après la guerre avec des personnes qui se dévouèrent pour les prendre en charge.

Plusieurs choses à noter:
- le film reçu l'Oscar pour le meilleur scénario

- Clift reçut, pour ce film, sa première nomination comme meilleur acteur (hélas, il ne devait  jamais recevoir d'Oscar comme tel)
- Jarmila Novotna qui joue la mère de l'enfant était une très célèbre cantatrice de l'époque qui avait fui le nazisme)
- Ivan Jandl reçut l'Oscar du meilleur "jeune" mais ne fut pas autorisé à quitter la Tchécoslovaquie pour le recevoir.
La bande-annonce n'est pas terrible, mais c'est tout ce dont on dispose sur le net pour l'instant:

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