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Henri III

6 Juillet 2007 , Rédigé par Moi Publié dans #Lectures

Résumer le dernier livre que l’on a lu peut parfois se révéler un travail ardu, surtout quand il s’agit ni plus, ni moins que de présenter une biographie.

C’est donc aussi après une « prise de tête » que je vous livre les "instants essentiels" de la biographie d’ « Henri III, un désir de majesté » écrite par Jean-François Solnon.

 

 

Pour situer un peu le personnage, tout d’abord, signalons à ceux qui ne le connaîtraient pas, qu’Henri III, fils d’Henri II et de Catherine de Médicis, devint roi de France en 1574, après avoir été quelques mois, roi de Pologne, et qu’il périt assassiné sous le couteau du moine Jacques Clément, en 1589, tandis qu’il était assis sur sa chaise percée.

Henri III est le troisième fils d’Henri II à monter sur le trône après François II (1559/1560) et Charles IX (1560/1574). 

Il fut, pour le meilleur et pour le pire, un roi flamboyant, à la piété exacerbée et aux sentiments exaltés, souvent versatile et indécis, pas toujours compris par ses contemporains, accusé de bougrerie (homosexualité), attaché à exalter la majesté royale (le règlement qu’il publia pour sa cour inspirèrent beaucoup Louis XIV) et dirigeant la France dans un contexte difficile qui est celui des Guerres de religion.

En effet, dès son jeune âge, il se fit remarquer par son goût pour les toilettes et des parures, du travestissement (même si, dans la deuxième partie de sa vie, il n’adopta plus que le noir), de l’hygiène (jusqu’à adopter la fourchette, ce qui, à l’époque, passait pour marque de féminité), de la fête, accumulant contre lui les reproches d’inconséquence, à une époque où le trésor royal est perpétuellement vide, et de manque de virilité.

Ces reproches s’exacerbèrent encore avec les faveurs et les prodigalités dont jouirent ceux qui furent appelés les « mignons » et notamment les trois « archi-mignons », Epernon, Joyeuse et O, dispensateurs des grâces royales, seuls à avoir un accès direct et perpétuel à sa chambre, et qui lui valurent, à la fin de son règne, de la part de ses adversaires politiques, l’accusation de bougrerie (alors qu' Henri III accumula les conquêtes féminines et eut pour grand amour Marie de Clèves dont seule la mort l'empêcha de l'épouser).

C’était oublier que le roi, au milieu de sa cour, se trouvait confronté aux grands du royaume, y compris son propre frère, qui, s’appuyant sur des motifs religieux, cherchaient à en tirer prétexte pour contester son autorité et paraissait isolé.

De là, pour lui, la nécessité de se constituer un réseau de fidèles, composé de petits nobles provinciaux dont il s’attacha la fidélité, chargés d’assurer sa protection (il fut une époque où le roi ne sortait qu’accompagné d’Epernon et de Joyeuse, tous deux habillés comme leur maître) et qui, comme leur maîtres, débordaient de jeunesse et aimaient le paraître quitte à en être provoquant ; ils contrebalançaient, du reste, les fidèles dont étaient entourés le frère du roi ou le duc de Guise qu’ils affrontèrent parfois en duel.

De là, aussi, la création de l’Ordre du Saint-Esprit, en 1578, pour récompenser les fidélités.

De même, les fêtes et le cérémonial de cour, en hiérarchisant l’accès au roi, avaient comme but de souder des fidélités autour de lui et de promouvoir la politique royale de paix dans le royaume. Du reste, gestionnaire habile de la majesté royale, il savait aussi gérer ses apparitions et disparitions, se retirant souvent à Ollainville dans un château aujourd’hui disparu, avec ses familiers.

La paix fit malheureusement défaut au roi Henri III qui ne connut que sept années de tranquillité durant son règne, après l’adoption de l’Edit de Poitiers (1577). En effet, la mort de son frère, en 1584, fit du protestant Henri de Navarre, le successeur naturel et légitime du roi. Les ultra-catholiques, menés par le duc de Guise qui devient le chef de la Ligue, s’opposent à cette possibilité et rallument la guerre.

Que l’on ne s’y trompe pas, Henri III fut un fervent catholique, défenseur de la Contre-Réforme et très marqué par sa rencontre, en Italie, en 1574, avec Charles Borromée. Durant toute sa vie, les moines eurent facilement accès à sa personne (ce dont bénéficia Jacques Clément) et, au fil du temps, avec l’infertilité du couple royal (la reine devint stérile après une fausse couche en 1576), persuadé que son comportement, et peut-être aussi son faible pour les jeunes gens dont il s’entourait (sans pour autant avoir consommé), donnèrent droit à des manifestations de piété et de repentir incomprises du public, le roi participant aux processions de flagellants, allant couvert d’un drap, pieds nus et battant sa coulpe à travers les rues ou se retirant souvent en quelque monastère pour y faire pénitence. Pourtant, progressivement, il fut convaincu que ce n'était pas par les armes que l'on vaincrait les protestants, mais par l'instruction et l'enseignement des fidèles.

Enfin, ce fut un roi sensible à la culture, éduqué par Jacques Amyot, entre autre, réglant parfois les moindres détails des cérémonies et costumes des fêtes royales, s’entourant de savants et d’érudits, demandant à rencontrer Giordano Bruno, pourtant guère en sainteté auprès du Vatican, faisant confiance à des musiciens de confession protestante, créant une Académie du Palais, même s’il ne fut pas un roi bâtisseur (On ne lui connaît que la pause de la première pierre du Pont-Neuf, en 1578, achevé par son successeur Henri IV).

Le roi ayant dû promettre, sous la pression de la Ligue d’heradiquer l’hérésie protestante, s’ouvrit ce que l’on a appelé la guerre des trois Henri (Henri III, Henri, duc de Guise et Henri de Navarre), marquée par la défaite des armées royales à Coutras en 1587. Les catholiques lui reprochent alors son manque de vitalité et d'utilité dans la guerre contre les protestants. Henri III, en effet, est plus préoccupé des ambitions de la Ligue que des protestants. C'est à cette époque que l'image du roi, ridiculisé par les pamphlets de la Ligue et par les sermons des curés parisiens, se détériore considérablement dans les milieux populaires. Le 8 mai 1588, le duc de Guise entre à Paris. Craignant une prise de pouvoir des ultra-catholiques, Henri III fait entrer les Suisses et les Gardes-Française à Paris le 12 mai, ce qui provoque une insurrection. C'est la journée des barricades. Le 13 mai 1588, le roi quitte Paris pour Tours.

Il joue alors le tout pour le tout : il convoque les Etats-Généraux à Blois et en profite pour faire assassiner par sa garde personnelle, les Quarante-Cinq, le duc de Guise et son frère le cardinal de Lorraine.

Cet assassinat provoque immédiatement une levée de boucliers contre lui ; la Sorbonne délie les Français de leur serment de fidélité au roi ; des prêches appellent au meurtre du roi ; le pape l’excommunie.

Seul et isolé, Henri III se rapproche d’Henri de Navarre. Les troupes royales et les troupes protestantes s'unissent alors pour mettre fin à la Ligue. Les royalistes se rallient peu à peu, et permettent aux rois de France et de Navarre de faire campagne pour aller assiéger Paris, plongé dans un délire fanatique. Les deux rois ont réunis une armée de plus de 30 000 hommes qui s'apprête à assiéger la capitale. Paris est alors défendue par 45 000 hommes de la milice bourgeoise, armée par le roi d'Espagne Philippe II.

C’est alors qu’un moine fanatique, Jacques Clément, assassine Henri III à Saint-Cloud, le 1er août 1589. Après une lente et douloureuse agonie, il décède au matin du 2 août 1589, non sans avoir reconnu Henri de Navarre, futur Henri IV, pour successeur.

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A
Je laisse un commentaire sans avoir lu !! Faut que je finisse Les 45 de Dumas, d'abord ;-)
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H
L'histoire fourmille de lieux communs devenus des convictions, le fameux "Lagarde et Michard" très "Troisième République" farouchement anticlérical a généralisé ces poncifs dont l'accusation de frivolité et d'esprit réactionnaire qui, véritable tunique de Nessus colle définitivement à l'image de Marie-Antoinette définitivement jetée aux poubelles de l'histoire.Je salue toujours avec émotion la lutte pour le rétablissement d'une certaine vérité historique.<br /> Merci pouir ce billet.
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