Le train sifflera trois fois
3 Juillet 2007 , Rédigé par Moi Publié dans #Cinéma d'hier et d'aujourd'hui
J'avais envie de revoir ce western mythique que j'ai dans ma petite collection de DVD.
Un vrai bonheur, ce western, et dire que certains considérent ce genre comme un genre mineur!
Pourtant, tout est interessant dans ce western:
- le parti pris par Zinneman de tourner en noir et blanc, et avec la complicité de son directeur de la photographie de s'inspirer de la lumière et de la façon de photographier pendant la guerre de sécession, pour donner plus de force à ses prises de vue (Truffaut dira plus tard que le noir et blanc à plus de force, le train sifflera trois fois le démontre)

- le suspens qui va crescendo jusqu'à la fin du film, avec l'horloge qui revient comme un lancinant rappel et la volonté que le temps se déroule en même temps que l'action du film (on appelle çà le temps réel) : un vrai suspens hitchkockien, avec des plans inspirés de la façon dont travaillait ce vieil Alfred

- le thème de la solitude et de la lâcheté humaines, personne ne voulant seconder Gary Cooper, par peur du danger et les commerçants regrettant le temps ou Frank Miller (le méchant du film) sévissait car il faisait tourner les affaires ( ainsi commencent toutes les collaborations, quelles que soient les époques).
Certains ont vu dans cette solitude de Gary Cooper une dénonciation de la frilosité des intellectuels américains à s'engager contre le MCCartthisme, ce qui pourrait ne pas être faux, Zinneman étant suspecté de par son origine religieuse et parce qu'il avait lu Marx dans sa jeunesse
- le dilemme dans lequel est plongée grace Kelly, Quaker, donc refusant toutes les formes de violence qu'elles quelles soient, et la nécessité d'agir qui la pousse finalement à tuer un homme (le non engagement devient, dans certaines situations, impossible à tenir,tel semble être le message).

Quoi qu'il en soit, ce western se laisse regarder sans déplaisir.
Pour les puristes, le titre original est "High Noon", et bien entendu, la chanson du film est restée célèbre, la version française étant due à John Williams: " si toi aussi tu m'abandonnes..."
Pour l'histoire en elle-même, elle est simple: alors que Gary Cooper abandonne ses fonctions de shérif car il se marie, on apprend que Frank Miller, mis aux arrêts jadis par Cooper a été libéré et revient se venger.
On incite Cooper à quitter la ville, mais, soudain, se ravisant, il fait demi-tour pour affronter Miller. Il va alors chercher de l'aide partout, ne rencontrant que la lâcheté; seuls un ivrogne et un gamin de 14 ans lui proposent leur aide, qu'il refuse, ne souhaitant pas les transformer en victimes.
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