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Un regain de popularité gaspillé

10 Février 2015 Publié dans #C'est juste mon avis

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On aurait pu espérer, après un regain de popularité inespéré dû à une gestion "présidentielle" de la séquence de crise liée aux attentats, qu'Hollande aurait su en faire quelque chose et qu'il aurait su proposer des mesures fortes.

Hélas, en dehors des coups de menton martiaux du "chef de guerre", force est de constater que les réponses ne sont pas là et surtout pas à la hauteur, comme s'il était déjà redevenu ce "capitaine de pédalo" qu'il n'a jamais cessé d'être au fond de lui.


"Nous sommes en guerre", nous disait-il avec son Premier ministre il y a encore quelques semaines, mais si nous sommes en guerre, où sont nos troupes ? Qui peut prétendre faire la guerre sans hommes à mobiliser, sans chair à canon pour aller combattre physiquement l'ennemi ?

A la place, on ne nous "offre" qu'un service civique "universel" que seuls ceux qui sont volontaires pourront faire, qui sent la naphtaline néo-pétainisme (la vieille idée des Chantiers de Jeunesse et de l'angélisme scout) et auquel n'adhéreront, de toute façon, qu'une majorité de gens déjà bien insérés dans la société et pas du tout les jeunes en cours de radicalisation religieuse. Objectif raté car on ne fait pas la guerre sans hommes, donc sans troupes.


"Nous sommes en guerre", mais ceux qui font déjà la guerre, nos soldats professionnels déjà engagés au Mali et en Centrafrique, ne cessent d'alerter en vain sur les conditions matérielles indécentes dans lesquelles les laisse le gouvernement français (manque de moyen matériel, matériel usagé et parfois défaillant, absence de soutien psychologique sur la longue durée, non-prise en charge des chocs post-traumatiques qui surviennent après le retour...)


"Nous sommes en guerre", mais pourquoi ne ferme-t-on pas provisoirement les frontières - chose que les accords de Schengen rendent possible d'ailleurs - pour limiter les départs des candidats au djihad vers la Syrie ou leur retour en France au nez et à la barbe des services secrets parfois ?

 

"Nous sommes en guerre", mais un peu comme Daladier qui, en 1939 - 1940, semblait plus faire la chasse aux communistes qu'aux Nazis, on semble surtout dans une sorte d'hystérie collective, faire des procès d'intentions tout à fait ridicules à des individus plus bêtes que dangereux - y compris des enfants de huit ans qui n'y comprennent pas grand chose - et même à intenter de faux procès menés par des Fouquier-Tinville peu respectueux de la présomption d'innocence comme à Mulhouse, par exemple.


"Nous sommes en guerre", mais on invite à ses côtés pour défendre la démocratie attaquée, de très grands démocrates africains et moyen-orientaux [Arabie Saoudite, Qatar (l'Etat où de quasi-esclaves meurent sur les chantiers de la Coupe du monde) ...], on fait des affaires avec la dictature chinoise qui écrase chez elle les démocrates de Hong-Kong et on se précipite aux obséques du roi d'Arabie Saoudite dont la justice a condamné au fouet un blogueur qui a eu le malheur de critiquer l'islam et où les femmes sont privées de tout droit et enfermées dans des tchadors... et il s'est même trouvé des millions de personnes pour défiler derrière ces dictatures au nom de la défense de la liberté ! Les défunts de Charlie Hebdo ont dû en pleurer de rage et d'amertume.


" Nous sommes en guerre", mais les réponses de l'Education nationale sentent la naphtaline: former des formateurs qui iront former les professeurs à l'enseignement de la laïcité - outre que c'est déjà un des points forts de notre formation - n'a rien de bien moderne. De même, on prétend vouloir faire de l'Education civique et morale le nouvel alpha et oméga de la pensée pédagogique contre les dérives intégristes et sectaires des religions alors que la consultation récente sur ces programmes démontre un projet totalement contraire: un enseignement éclaté, avec des idées jetées en vrac par cycle et même pas organisées par chapitre, sans horaires, sans enseignants désignés pour l'enseigner.

De plus, comment n'ont-ils pas compris que ceux qui ont surtout contribuer à faire de l'Education civique et morale un simple prêchi-prêcha que plus personne n'écoute, ce sont les politiques eux-mêmes ? Comment appeler les élèves à respecter la loi, à être honnête, à respecter la laïcité, etc. quand les hommes politiques passent leur temps à mentir, à magouiller, à faire sans cesse des concessions aux différents communautarismes religieux dans l'espoir d'un gain électoral ?


"Nous sommes en guerre", mais il semble que ce soit un discours beaucoup plus rhétorique destiné à une quelconque oeuvre de propagande auprès d'électeurs naïfs que d'une réalité que l'on s'empresse de traduire dans la loi et dans les actes.

 

Heureusement, cela commence à se voir et, dans le dernier sondage paru ce jour, après la Conférence de presse du Président - sans doute celle de trop (trop vide, trop vague, trop sans rien),  l'exécutif dégringole déjà de 8 points pour le Président, de 7 points pour le Premier ministre et ce n'est sans doute pas terminé car l'autisme face aux transporteurs routiers, face aux notaires, face aux médecins, face aux auto-écoles, face aux salariés semble des plus inquiétants. Demain, quand votre postier vous fera passer le permis de conduire - peut-être sur une automobile virtuelle -, quel sera le progrès ?

Si ça continue, vous irez chez le postier pour faire soigner votre rhume; la fleuriste, votre banque ou votre libraire vous délivrera les médicaments contre ordonnances; le garagiste pourra soigner vos rages de dents; le vétérinaire viendra vous faire vos piqûres à domicile ... parce que, le monde vu par Macron et ses amis hollandistes, c'est quand même bien ce bordel où chacun devient le concurrent potentiel de son voisin, peut lui nuire avec des charges sociales moindres, peut faire chuter brutalement ses revenus et même l'obliger à mettre la clé sous la porte... Un monde de brutes où seuls les plus forts survivront, bien beau retour du darwinisme social.

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