Toujours plus près de la roche Tarpéienne
21 Septembre 2025 Publié dans #C'est juste mon avis
François Bayrou, lassé par l’inconstance d’un chef de l’État avec lequel le courant n’est jamais vraiment passé, a choisi de tomber sur une question budgétaire, même si ce départ, bien que tardif, aurait pu survenir quinze jours plus tôt, lorsqu’il a compris qu’aucune majorité ne le soutiendrait. Cela aurait évité un psychodrame inutile. Officiellement, il n’a pas encore rejoint l’opposition, mais il n’a plus les deux pieds dans la majorité, c’est évident, même s'il attendra sans doute prudemment 2027 pour rendre la rupture publique.
Pendant ce temps, le président, désormais proche de la roche Tarpéienne, semble toujours aussi peu familier des régimes parlementaires. C’est un handicap majeur. En choisissant l’option "Jules de Polignac" — nommer un fidèle à Matignon, comme Charles X l’avait fait avant la chute — il opte pour l’une des pires solutions possibles. Là où il aurait fallu un profil de centre-gauche, il préfère la loyauté à la stratégie.
Sébastien Lecornu, s’il est confirmé, ne pourra qu’effectuer un replâtrage du gouvernement existant. Les mêmes têtes, les mêmes postes. Il tentera de convaincre les Républicains de céder quelques miettes au PS, seul parti encore prêt à troquer ses principes contre des titres, des places, des pensions, des prébendes... Englué dans la taxe Zucman et l’affaire des drapeaux palestiniens, le PS cherche d'ailleurs désespérément une échappatoire et la main tendue de Matignon pourrait en être une.
Mais tout cela reste poussif. Comme toujours avec Macron, les gestes "libéraux" sont tardifs, mal calibrés, et vite annulés par l’inaction. Le président donne toujours l’impression de naviguer à vue, et le retour des mêmes visages ne fera qu’amplifier la déception. De plus, Gabriel Attal, toujours amer d’avoir été évincé de Matignon, ne facilitera pas la tâche. Il voit déjà en Lecornu un rival pour 2027, et pourrait bien souhaiter son échec prématuré.
En effet, le futur gouvernement Lecornu, s’il voit le jour, ne tiendra pas longtemps, à mon avis. Il tombera dès les premiers jours de la session parlementaire, victime d’une motion de censure ou d’un vote de non-confiance car Macron parie trop sur la peur d’une dissolution pour faire plier le PS. Or, il pourrait se tromper. La taxe Zucman, devenue une tunique de Nessus pour les socialistes, pourrait alors leur servir d’arme électorale au cas où, comme Hollande avait su le faire avec son fameux "Mon ennemi, c’est la finance !" au risque de décevoir, à nouveau, leurs électeurs, si, par hasard, ils revenaient au pouvoir.
Comme le disait Talleyrand à propos des Bourbons : « Si les Bourbons étaient enfermés dans une pièce, ils finiraient par sauter par la fenêtre. » Remplacez les Bourbons par les macronistes, et vous avez le résumé de la situation actuelle.
Macron n’a jamais été aussi près de la chute. Ses oppositions ont raison de souligner qu’il ne lui reste que deux options : la dissolution ou la démission.
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