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La pourpre et l'olivier

2 Décembre 2007 Publié dans #Lectures

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Je viens de terminer un livre de Gilbert Sinoué, La pourpre et l'olivier ou Calixte Ier, le pape oublié, publié en 2005, lequel se classe dans la catégorie romans historiques.

En fait de roman historique, et même s'il faut admettre en ce genre les libertés que l'auteur a parfaitement le droit de prendre avec l'histoire du personnage dès qu'il s'agit de combler ou d'occuper des zones d'ombres, nous n'avons droit qu'à une sorte de roman jeunesse tels qu'ils s'en publient tant de nos jours, si ce n'est le vocabulaire latin destiné à prouver l'érudition de l'auteur.
Pour le reste, le style littéraire est pauvre et insipide et les intrigues semblent relever, justement, de la littérature jeunesse ou de la collection XO 'suis plus sûr de l'orthographe), par ex. : l'esclave beau, jeune, fier, libre, rebelle, imprudent au point d'échapper de justesse aux mains d'un proxénète; beau au point que l'empereur Commode veut le consommer ! puis, comme Calixte s'y refuse, le fait fouetter au scorpio: un fouet muni de crochets, avant de le faire enfermer et de le déporter dans les mines de Sardaigne, son amour pour Mallia, la maîtresse de Commode, une fuite inventée en Egypte, son amitié avec le préfet de la ville qui fait qu'il est condamné aux mines plutôt qu'à la mort ... Tous les poncifs du genre, quoi.
Bref, beaucoup de libertés par rapport à la vraie histoire du pape Calixte pour le peu que l'on en connait.

Mais qui est le "vrai" Calixte?

Du vrai Calixte, dont nous ne connaissons pas les origines, nous savons surtout ce que nous en racontent ses ennemis au sein de l'Eglise, l'antipape Hippolyte ou Tertullien.
Il aurait été l' esclave d'un certain Carpophore, un Chrétien appartenant à l'entourage de l'empereur Commode et serait devenu Chrétien à l'âge adulte.
Chargé par son maître de gérer ses affaires financières, il fut en relation avec les Juifs de Rome avec lesquels il fit de mauvaises affaires. Pris d'affolement, il tenta de s'enfuir, fut rattrapé puis enfermé au cachot.
Cependant, Carpophore, intervant en sa faveur, le fit libérer dans l'espoir que celui-ci pourrait, par quelque moyen, récupérer l'argent perdu; en vain. 
La communauté juive auquel il réclama son dû le dénonça comme Chrétien au préfet de la ville qui le condamna à la déportation aux mines de Sardaigne (donc bien loin de ce que raconte Sinoué). Libéré en 190, suite à l'intervention de la maîtresse de Commode qui était probablement chrétienne, il fut envoyé par le pape de l'époque, Victor Ier, à Antium pour y diriger la communauté locale.
A la mort de ce dernier, son successeur, Zéphyrin fit appel à Calixte, en 199, pour gérer les biens de l'Eglise, en faire son secrétaire personnel et un des archidiacres de Rome.
En 217, il succèda à Zéphyrin, s'occupant de donner aux Chrétiens un cimetière "officiel": la catacombe qui porte aujourd'hui son nom, le long de la Voie Apienne.
Il inventa aussi le jeûne qui précède les moissons, les vendanges et la cueillette des olives, afin d'attirer la bénédiction du ciel.
Enfin, il reconnut comme valide le mariage entre esclaves et femmes libres, transgressant ainsi la loi romaine  et accepta le remariage des veufs ainsi que leur entrée éventuelle dans le clergé. De plus il fit prévaloir l'usage d'absoudre tous les péchés, y compris l'adultère et la fornication. 
Ces dernières mesures lui valurent l'hostilité d'une partie du clergé romain, et notamment d'Hippolyte qui, sans doute issu d'un milieu social élevé, ne pouvait admettre l'égalité entre esclaves et hommes libres ou la remise en cause de la loi romaine et accusa son adversaire des pires turpitudes et calomnies, le présentant comme: « un ambitieux, un cupide, un taré », adultérin et fornicateur.
Il mourut le 14 octobre 222, victime d'une émeute dirigée contre les Chrétiens, lors de l'assassinat de l'empereur Élagabal. Défenestré, puis jeté dans un puits, recouvert de décombres, il en fut retiré par un prêtre une quinzaine de jours après. On l'enterra à la hâte, au pied de l'escalier de la catacombe de Calépode sur la via Aurelia. C'est à ce jour le premier évêque de Rome dont on ait retrouvé la sépulture.

Tout cela est un peu loin de ce que nous raconte Sinoué, sauf à la fin où les actes pontificaux de Calixte rejoignent ce que nous savons de lui.

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H
Mais pourquoi donc calixte refusa ce qui fit la gloire d'Antinoos ?Ah là là, quel destin raté !Les papes finissent toujours vieux et laids, les favoris impériaux sont éternellement jeunes et beaux...
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