Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Dubitatif sur Harvey Milk

13 Mars 2009 Publié dans #Cinéma d'hier et d'aujourd'hui


J'ai regardé Harvey Milk de Gus Van Sant en streaming sur le net.

       Le moins que l'on puisse dire c'est que ce film m'a laissé très dubitatif.
Si le vrai Harvey Milk était un peu maniéré, mais pas plus que Delanoé, et en tout cas, rien de choquant à cela,  Sean Penn en tapette et affublé d'une voix de tapette en français, c'est plutôt agaçant parce que ça fait artificiel contrairement à ce qui parait naturel chez Milk ou Delanoé.
Quel intérêt cela présente-t-il à part véhiculer auprès de M'dame Michu que, décidément, ces gens ne sont pas comme les autres? S'il s'agit de faire prévaloir le droit à l'indifférence, c'est raté.


       De plus, le début du film n'offre aucun intérêt: c'est d'une lenteur exaspérante, très peu explicatif sur les premières campagnes menées dont on ne voit rien et ça n'apporte absolument rien à la compréhension de la vie personnelle d'Harvey Milk. Quant à ses compagnons, pour le moment, ils servent plus de faire-valoir qu'autre chose dans le film. A la limite, on les réduit à la fonction d'objet sexuel.
       On aurait fait un film plus court, plus rythmé et commençant au moment où Anita Bryant et le sénateur Briggs lancent leur campagne anti-homo, cela aurait été plus cohérent pour le propos du film.

      De sorte qu'il faut attendre plus d'une heure de film pour que les choses démarrent vraiment avec le combat contre la proposition 6 du sénateur Briggs visant à faire exclure de l'enseignement les profs homos et encore reste-on là aussi sur notre faim, car finalement, cette proposition repoussée l'est tout autant par l'action de Milk que par celle d'autres homos, ou que par celle de figures nationales de la politique comme le président Jimmy Carter, Gerald Ford, Ronald Reagan (dont le nom est juste mentionné dans le film) ou le gouverneur de Californie, Jerry Brown, dont à aucun moment il n'est dit pourquoi ils s'y opposent ni pourquoi ils ont rejoint, eux aussi, ce combat.
      De même, le rôle qu'ont pu y jouer des gens comme Jane Fonda et le monde du cinema d'Hollywood en général.
 Si Harvey Milk avait été aussi seul avec ses amis homos, comme on tente de nous le faire croire dans le film, il eût été peu propable que la proposition 6 ait été repoussée.


      Reste le seul vrai moment d'émotion du film, le suicide par pendaison de son dernier copain qui ne supporte plus de vivre auprès d'un absent chronique qui l'a laissé au placard au profit de son engagement politique.
      Enfin, en ce qui concerne l'assassinat, rappelons que le maire est aussi assassiné, et même avant Milk (ce qui n'est pas clair dans le film), et ressemble plus à une vengeance personnelle d'un type qui est persuadé d'être la victime d'un complot destiné à nuire à sa carrière et qui cherche à supprimer ceux qu'il identifie comme responsables de son naufrage, plus qu'à un meurtre homophobe.
     Le film souffre, en fait, comme beaucoup de films actuels, d'être trop enfermé sur Milk tout en en disant presque rien.
     Sa bio, sur le net, nous en apprend beaucoup plus que ce film sur Milk.

Mais je me demande aussi, si ce film ne rate pas sa cible parce qu'il aborde un contexte américano-américain qui n'est pas le notre: nous, nous nous battons pour la reconnaissance du mariage homo; eux ils se battent encore contre des lois proches de celles de la proposition numéro 6, dernièrement celles qui interdisent carrément ce mariage, comme si rien n'avait changé et comme si la situation s'était même aggravée par rapport au début des années 80.

Mais peut-être cela vient-il du poids religieux, plus important aux EU que chez nous, alors que les homos américains n'ont jamais eu le véritable courage de l'attaquer de face.

 

 
 
 
 
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article