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Napoléon Severus (3)

27 Août 2009 Publié dans #Les pensées - mais pas celles de Pascal

Issu de mon ancien blog, voici la suite des aventures de Napoléon Severus que je n'avais jamais posté ici:
les deux premiers épisodes:

http://historianman.over-blog.net/article-12906202.html

http://historianman.over-blog.net/article-13536425.html

Du reste, Napoléon Severus n' était qu'un vulgaire bourgeois doublé d'un parvenu, ce qui n'a jamais appartenu qu'à lui et à Monsieur Jourdain, et, se vantant, comme son grand modèle, Jules César, d'être du parti des populares, il ne sut plus quoi inventer pour paraître peuple et plaire au vulgum pecus: de l'Esperanto parlé comme une vache baloutch, sous prétexte que les Baloutchs sont des nazes en langues étrangères et qu'ainsi il leur faisait l'effet d'être l'un d'eux, en passant par ses apostrophes célèbres où l'usage de la vulgarité dans le langage était chose courante, sous prétexte de parler comme le peuple ou encore son état éthyllique à la sortie d'une réunion avec le tsar (tout bon Baloutch étant censé aimer le vin et la bonne chère), rien ne manquait à son imagination fertile.

Du reste, il ne faisait qu'imiter ses ancêtres romains, de Tibère à Commode en passant par Caligula et Néron, étalant au grand jour le luxe dans lequel il se pavanait avec les augustans, entre dîner chez Lucullus, l'un des restos friqués de la capitale dès sa nomination, vacances de milliardaire sur une galère d'apparât prêtée par un riche patron de la presse baloutche, en passant par le triplement du budget de fonctionnement du palais impérial dont il encouragea ainsi le train de vie dispendieux, sans compter son propre salaire de pauvre petit empereur riche et abandonné tout seul sur une plage qui augmenta de 206% ; tout était prétexte à dépenses somptuaires du plus pur mauvais aloi, loin de la simplicité qui seyait aux défuntes moeurs républicaines.

Il faut dire que cette propension aux fautes de goûts et à l'étalage du fait du prince lui venait d'une sorte de culte qu'il rendait à la Grande Prêtresse du Roc (une sorte de danse initiatique pour atteindre les Enfers), Elle Visse, dont le Temple se trouvait au-dela des mers, à Mes Fils, Ten et Cie, Temple qui était du plus vulgaire clinquant.
Du reste, les augustans étaient tous de cet accabit, appartenant tous à ce même milieu de parvenus, souvent issus du "Chaud Baise", de Johannes Pasd'idée à Bernardus Portela en passant par Bigardensurgelé, le comique le plus vulgaire de Baloutchie; et, pour leur prouver sa reconnaissance, dès qu'il fut au pouvoir, par le fait du Prince, il leur accorda moult cadeaux fiscaux dont le coût s'éleva à 15 milliards de sesterces.

Mais, cessons-là les médisances: en bon populares, Napoléon Severus admirait les moments d'émotion collectives, nouvel opium du peuple; aussi, dès qu'il le put, il s'attela à fournir aux Baloutchs un vademecum des vertus civiques ce dont il faut lui rendre grâce.
En effet, après avoir découvert la lettre insignifiante historiquement d'un jeune Spartakiste écrivant qu'il allait mourir à sa famille, il fit vanter les mérites de ce jeune homme dont il manifia le sacrifice jusqu'à en faire le héros qu'il n'était pas, hélas! tout cela pour enseigner les vertus du sacrifice pour la Patrie aux jeunes générations auxquelles il ordonna que fût lue cette lettre.
Margot pleura dans les chaumières sur commande Sévérienne; mais le patriotisme y a-t-il gagné? rien n'est moins sûr, car, dans le fond, les jeunes générations se moquent bien de ce jeune spartakiste et sont, aujourd'hui, beaucoup plus émues par la façon dont on tue les bébés phoques ou dont on assassine les taureaux aux arènes; ce en quoi, ils n'ont pas tort.
Cependant, Napoléon Severus, lui, n'attendait que l'honneur de devenir Grand Mamamouchi.

(A suivre...)
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