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Ainsi va le temps ...

24 Octobre 2009 Publié dans #L'actu du Moi !

Il est une nouvelle manie, depuis quelques années, dans nos régions, c'est de retourner les tombes les plus anciennes des cimetières des villages; c'est ainsi que des tombes, parfois plus que centenaires, finissent à la casse, laissant les cimetières vides et sans âme, avec leurs nouvelles pierres tombales anonymes qui se ressemblent toutes.

C'est le constat que je fis cet apm en remarquant que dans le cimetière où sont enterrés mes grands-parents, et quelques-uns de mes oncles et tantes, presque toutes les tombes de la première rangée, de chaque côté de l'allée centrale, avaient été enlevées.

La cérémonie en elle-même, dans une église qui date de la reconstruction d'après 1918 et que le curé de l'époque avait voulu dans un style "moderne" qui n'invite malheureusement guère au recueillement contribua beaucoup à rendre la cérémonie sans âme sans compter, en guise de curé, une laïque ne connaissant le défunt ni d'Adam, ni d'Eve, et au cimetière, je n'ai vu qu'une sinistre mise en terre, avec jet de roses sur le cercueil, et des personnes qui se sont dispersées bien vite, parce qu'elles ne se connaissaient pas et n'avaient rien à se dire.

Il faut dire que l'assistance n'était composée que de personnes âgées - il est vrai que le défunt avait 74 ans (il est le troisième des quatorze enfants de mes grands-parents) - dont de la section des Anciens Combattants.
D'ailleurs, c'est le drapeau français qui couvrait le cercueil sur lequel des médailles militaires avaient été placées, afin de rappeler qu'il avait fait partie des appelés qui ont fait la guerre d'Algérie.
C'est peut-être là, d'ailleurs, que l'on prend conscience le plus du temps désormais lointain d'un tel épisode ... à l'âge de ses acteurs actuellement.

C'est peut-être là aussi, devant un cercueil fermé où l'on a peine à imaginer un corps enfermé que l'on prend peut-être aussi conscience le plus nettement, surtout quand les liens d'affinité avec le défunt sont ténus, faute de l'avoir réellement connu, qu'il n'y a sans doute rien après la mort.

Enfin, quelque part, c'était un peu la France de Marly-Gomont que l'on enterrait aujourd'hui, tant le défunt y faisait parfois penser. En tout cas, l'équipe de foot de Marseille a perdu un supporter.



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