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Décès d'Edouard Lockroy

27 Novembre 2013 Publié dans #Quelques événements de 1913

http://gallica.bnf.fr/proxy?method=R&ark=bpt6k5648938.f1&l=4&r=1384,1692,270,200

 

Le nom d'Edouard Simon, dit Edouard Lockroy, l'homme qui vient de décéder à l'âge de 75 ans, ce 22 novembre 1913, en son hôtel du 31 Boulevard Lannes, d'une crise cardiaque, après de sept longuees années de souffrances liées à des crises rhumatismales, est sans doute à peu près oublié aujourd'hui, sauf de quelques lecteurs de Victor Hugo qui se souviennent peut-être qu'il épousa la veuve de Charles Hugo, fils du poète, et qu'il fut, par conséquent, le beau-père des petits-enfants, Georges et Jeanne, avec lesquels le grand écrivain avait coutume de pratiquer l'art d'être grand-père.

 

Fils de l'acteur et auteur dramatique Philippe Joseph Simon, dit Lockroy, Edouard Lockroy se destinait à la peinture qu'il commença à étudier aux Beaux-Arts sous la direction de Eugène Giraud, quand, soudain, influencé par les événements politiques internationaux, il décida de suivre Alexandre Dumas père en Italie afin de prendre part à la campagne de Garibaldi en Sicile en 1860.

Rentré en France, il devint secrétaire et dessinateur d'Ernest Renan qu'il suivit dans son voyage en Judée et en Phénicie où il séjourna trois ans, avant de rentrer à Paris et de se lancer dans le journalisme. Il écrivit alors dans le Figaro avant de devenir un des rédacteurs du Diable à quatre où il combattit passionnément l'Empire avant de rejoindre le Rappel où l'un de ses articles, en 1869, lui valut une condamnation à 4 mois d'emprisonnement et 3 000 francs d'amende.

 

Après la chute du Second Empire, il fut tour à tour chef de bataillon de la Garde nationale, puis élu représentant de la Seine à l'Assemblée nationale dont il démissionna au moment de la Commune de Paris.

Conseiller municipal du 11ème arrondissement, à nouveau poursuivi, en juin 1872, pour un article intitulé "Mort aux traitres !" mais acquitté par le jury, il dut répondre devant la justice du duel qu'il l'opposa à Paul Granier de Cassagnac et fut condamné à  8 jours de prison avant d'être à nouveau condamné pour un nouvel article "La libération du territoire), à 1 mois de prison et 500 francs d'amende en mars 1873.

C'est alors que les républicains radicaux des Bouches-du-Rhône posèrent, cette même année, sa candidature à l'Assemblée nationale où il fut élu, siégant avec l'extrême-gauche de l'Union Républicaine. Il vota notamment contre la chute de Thiers ou le septennat, mais approuva l'amendement Wallon qui introduisait le mot "République" et pour les lois constitutionnelles de 1875 qui en découlèrent et se battit pour l'amnistie des Communards.


En 1881, élu à la fois dans les Bouches-du-Rhône et à Paris, il fit le choix de représenter cette dernière ville à la Chambre. Il évolua alors vers des positions plus "opportunistes", votant tantôt avec les modérés, tantôt avec les Radicaux, et finit par acquérir une position charnière entre les deux, malgré son adhésion à la gauche radicale, ce qui lui valut son premier poste au gouvernement comme ministre du commerce et de l'industrie (7 janvier 1886 - 30 mai 1887). C'est à ce titre qu'il eut à prendre les premières décisions concernant la future Exposition Universelle de 1889 (choix de l'emplacement, défense du projet de Tour Eiffel face à ses détracteurs).


Devenu ensuite ministre de l'instruction publique et des Beaux-Arts (03 avril 1888 - 22 février 1889), c'est surtout à la marine qu'il occupa deux fois du 01 novembre 1895 au 29 avril 1896 puis du 28 juin 1898 au 22 juin 1899, qu'il attacha son nom. A ce poste, il entreprit une vaste réforme administrative et militaire, destinée à reconstituer notre flotte.

A ce titre, il créa l'Ecole supérieure de la marine, réorganisa les arsenaux, divisa les services centraux entre la flotte construite et la flotte à construire et on lui doit le submersible Narval issu du concours qu'il lança en 1896.

Il organisa aussi, pour notre flotte, un certain nombre de points d'appuis à travers le globe comme par exemple la base de Bizerte,  mais aussi au Sénégal, aux Antilles, à Madagascar, en Indochine et en Nouvelle-Calédonie.

Resté constamment député jusqu'en 1910 où la maladie le contraignit à ne pas se représenter, il vota la loi de Séparation des Eglises et de l'Etat en 1905.


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