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Le foutoir dans les ministères ... déjà en 1911

14 Août 2011 Publié dans #Quelques événements de 1911

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L'anarchie qui règne parfois dans certains ministères n'est pas, hélas, un privilège de notre époque. Déjà en 1911, l'actualité était secouée par deux faits divers touchant les affaires étrangères.

Tout d'abord, ce sont tout simplement des documents diplomatiques qui ont été détournés, mettant en cause René Rouet, 22 ans, vice-consul, attaché à la direction des affaires politiques et commerciales depuis juillet 1909, Bernard Maimon, sujet anglais, explorateur et homme d'affaires, et Pallier, secrétaire de ce dernier. Maimon, très intéressé pour le développement de ses affaires en Orient et notamment par les négociations qui agitent toutes les puissances sur la construction de la ligne de chemin de fer Homs-Bagdad, réussit à obtenir de Rouet par une sorte de chantage - celui-ci avait un certain nombre de dettes - les dépêches qu'il avait sous sa garde et pouvant lui être utiles. Sauf qu'il fut imprudent et fit aussi parvenir à certains journaux britanniques des dépêches confidentielles sur certaines négociations internationales, d'où l'enquête qui devait aboutir à l'arrestation des trois individus qui risquent, en vertu de la loi du 18 avril 1886 sur l'espionnage, de deux à cinq ans de prison et une amende de 2 000 à 5 000 francs.

Le tribunal condamna finallement Rouet et Mainon à deux ans de prison et 1 000 francs d'amende tandis que Pallier était condamné à trois mois de prison.

Ensuite, ce sont des irrégularités dans les comptes qui aboutissent à la mise en cause de Franz Hamon, le directeur de la comptabilité depuis 1906, qui est accusé d'avoir détourné plusieurs milliers de francs. L'enquête devait lui attribuer le détournement de 216 000 francs puisés sur les fonds secrets afin de satisfaire aux besoins d'une demi-mondaine, Hélène Gillot, ancienne femme de chambre, qui se faisait appeler Hélène de Montréal.

L'affaire, jugée en avril 1912, condamna Franz Hamon à 20 000 francs d'amende et 5 ans de prison.

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