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Mars 1910

4 Avril 2010 Publié dans #Les année 1909 et 1910

Du 06 au 12 mars 1910

Scoop: révolution à Monaco !
Bon, que l'on se rassure, ce n'est qu'une révolution à la monégasque. Après que les habitants eurent manifesté devant le palais princier pour réclamer une constitution démocratique, Son Altesse Albert Ier fit savoir qu'il ne considérait pas la demande de ses sujets comme excessive et qu'il était prêt à accéder à leur demande. Sur ces bonnes paroles, les choses rentrèrent immédiatement dans l'ordre.

C'est, bien évidemment, beaucoup plus sanglant à Berlin où une nouvelle manifestation contre la réforme électorale en Prusse a fait encore de nombreux blessés.

Pendant ce temps, en France, éclate le scandale de l'enrichissement frauduleux des liquidateurs judiciaires des biens du clergé, après l'application de la loi sur les Congrégations de 1901, à travers la personne d'un certain M. Duez qui aurait empoché, au passage, plus de 5 millions de francs.

Un égoutier, de son côté, a retrouvé, du côté de Pantin, les mains d'Elisa Vandamme, dont on n'avait que la tête jusqu'à présent. Ira-t-on jusqu'à retrouver tous les morceaux pour les entourer de bandelettes et recréer le miracle d'Osiris ? Nul ne le sait.

Au Brésil, on aime déjà bien les militaires, à cette époque puisque c'est le maréchal da Fonseca, répondant au charmant prénom d'Hermès qui a été élu président et charmant il le fut durant son mandat, apparemment, écrasant les révoltes à coups de canon.

Enfin, l'homme qui était maire de Vienne depuis 1897, Karl Lueger, connu pour son populisme antisémite, vient de décéder. Malheureusement, ses discours auront eu le temps de faire leur œuvre dans l'esprit du jeune Adolf Hitler. Vienne qui a toujours du mal, d'ailleurs, à gérer l'héritage de cet homme encore honoré aujourd'hui par deux statues et une rue à son nom.

Du 13 au 19 mars 1910

Si l'on excepte l'annonce de la découverte des vêtements de la jeune Vandamme et le retour prochain du commandant Charcot, la semaine serait bien morne si le procès de Maria Tarnowska, née O'Rourke, ne s'était ouvert à Venise.
Ayant épousée à 17 ans le comte Tarnowski dont elle eut deux enfants, elle se fit bientôt remarquer par son goût pour la morphine et les amants.
En 1907, c'est d'ailleurs l'un d'entre eux qui devait provoquer sa perte: en effet, un certain Nicolas Naumov, 26 ans, tira sur l'un de ses rivaux, le comte Pavel Kamarovsky avec la complicité d'un homme de loi moscovite, Priloukov, un autre des amants de la comtesse.
Maria fut accusée d'être l'instigatrice de ce meurtre (Naumov aurait été utilisé par Maria et Priloukov pour assassiner Kamarovski afin de percevoir l'héritage que ce dernier devait léguer à celle-ci).
Maria, déclarée coupable, mais à demi-responsable - il semble que pour la première fois, on ait fait appel à une analyse freudienne au cours de ce procès - fut condamnée à 8 ans et 4 mois de prison, Priloukov, reconnu comme complice moral et pleinement responsable à 10 ans et Naumov à 3 ans et un mois.
Libérée en 1915, elle se retira en Argentine où elle tint un magasin de soie et parures, vivant avec un nouvel amant, Alfred de Villemer.
Elle décéda en 1949; son corps a été transféré en Ukraine où elle repose dans le caveau familial.

Semaine du 20 au 26 mars 1910

Tandis que le roi de Suède vient se reposer à Cap-Martin et que le chef du gouvernement italien, Sidney Sonnino démissionne, l'empereur d'Ethiopie, Ménélik, agonise et comme rien n'est jamais assuré en ce bas monde de misère et de douleur, l'impératrice Taïtou qui exerçait la réalité du pouvoir depuis qu'en avril 1909 son souverain de mari avait été paralysé par une attaque, a été déposée par les vétérans de l'armée au profit d'un petit-fils issu d'une première épouse de l'empereur, le jeune Jeassu, un enfant de 11/12 ans.

Enfin, du côté des décès, notons celle de l'académicien Eugène Melchior de Vogüe, diplomate, écrivain (il traduisit en outre nombre de romans russes en français et fit ainsi découvrir Dostoïevski au public) et journaliste, ancien député de l'Ardèche entre 1893 et 1898, proche du catholicisme social et surtout celle de Gaston Félix Tournachon, plus connu sous le nom de Nadar, le célèbre photographe.

Du 27 mars au 02 avril 1910

Dans son édition du 29 mars, le Petit Journal nous livre en intégral le texte de loi sur les retraites ouvrières déposé devant les Chambres, loi approuvée pour l'instant en première lecture aussi bien par le Sénat que par la Chambre des députés.
On attend confirmation définitive de l'adoption à l'issue de la 3ème lecture.

Bien ignorés aujourd'hui sont deux personnalités dont on nous annonce le décès cette semaine-là en les personnes du poète grec d'expression française, Jean Moréas et du chef d'orchestre Edouard Colonne, l'un des pionniers de l'enregistrement orchestral et le créateur des concerts Colonne au théâtre du Châtelet à partir de 1873.

Pendant ce temps, Octave Lapize remporte de son côté, Paris-Roubaix, tandis qu'Or du Rhin III en fait de même avec le Prix du président de la République et que nos voisins italiens changent à nouveau de gouvernement. Innovation, le nouveau président du conseil, Luigi Luzzatti, est la première personnalité israélite à occuper cette fonction. De tendance droitière, on nous signale cependant, que le gouvernement qu'il dirige penche nettement à gauche.

Enfin, parmi les faits divers, on nous signale qu'un certain Monsieur Charlois, astronome à l'Observatoire du Mont-Gros, près de Nice, a été tué à coups de revolver par un individu qui prétendait avoir un pli urgent à lui remettre. On soupçonne le docteur Brengues qui devait 40 000 F au défunt suite à un procès perdu d'être l'auteur de cet assassinat.
D'autre part, fin 1909, Marie Bourette, une jeune femme déçue que ses avances à un pharmacien, Monsieur Doudieux, ne soient pas récompensées avait pris l'habitude de lui envoyer, à lui et sa famille, des produits toxiques divers: bonbons empoisonnés et cachets pharmaceutiques remplis de strychnine et d'arsenic.
Or, recevant chez lui un ami, le ténor Godard, de l'Opéra, celui-ci ne se sentant pas bien, se releva dans la nuit pour chercher un antipyrétique qui lui fut fatal puisqu'il avala des cachets issus des envois que ladite Bourette.
L'affaire étant close, on nous annonce qu'un procès devrait avoir lieu sous peu.

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S
<br /> <br /> Au moin le prince de Monaco a su écouter ses sujets...<br /> <br /> <br /> Ce n'était pas le cas de LouisXV et encore moins de son altesse sérénissime Nicolas-nabo 1er ;)<br /> <br /> <br /> Bise Jerem'<br /> <br /> <br /> Sébastien<br /> <br /> <br /> <br />
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