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L'homme qui tua Liberty Valance

10 Février 2008 Publié dans #Cinéma d'hier et d'aujourd'hui

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L'homme qui tua Liberty Valance (The Man Who Shot Liberty Valance), réalisé en noir et blanc par John Ford et sorti sur les écrans en 1962, avec comme vedettes principales John Wayne et James Stewart, au côté desquels il faut encore mentionner Lee Marvin et Vera Miles, est une oeuvre sombre, démythifiant l'histoire de l'Ouest (symbolique, à cet égard, est le fait qu'au début du film, John Wayne est mort) et construit comme une tragédie dont tout le monde sort perdant.

Nous sommes à la fin du XIXè siècle, dans une petite ville de l'Ouest; le sénateur Ransom Stoddart (James Stewart) vient assister, en compagnie de sa femme Hallie (Vera Miles), à l'enterrement de Tom Doniphon (John Wayne), un fermier qu'il a connu jadis dans cette ville où il a bâti sa légende en tuant le célèbre bandit Liberty Valance (Lee Marvin).

Les choses pourraient être simples; et pourtant, le récit que fait le sénateur au journaliste local nous jette dans un drame absolu qui torture ou a torturé chacun des trois acteurs restés en vie après la mort de Valance.

En effet, lorsque le jeune homme de loi qu'était Stoddart arrive à Shinbone, il y a une trentaine d'années auparavant, sa diligence est attaquée par Liberty Valance et sa bande. C'est à partir de ce moment que l'histoire bascule, en fait.
Récupéré, soigné par Hallie et sa famille, il s'impose à cette dernière par sa volonté de refuser de porter une arme et de faire confiance à la loi et à la justice pour triompher du mal, bien que le shériff local refusât d'agir le moins du monde contre Valance.
Campé dans son rôle de "perdant", victime des nombreuses insanies de Valance, déterminé à agir et se venger cependant, il fonde un journal et, parce que différent des hommes du cru, autant que par la compassion qu'il inspire, il séduit Hallie.
Or, Tom Doniphon est depuis pas mal de temps déjà épris de la jeune fille et assiste, impuissant, à ce qui est en train de se passer dans son esprit sans pouvoir, par timidité, agir ni même pouvoir haïr Stoddart.
Il est pourtant le seul que Valance craigne et le seul à vraiment pouvoir rivaliser avec lui en maniement des armes. C'est sa force et sa faiblesse, car Valance évite de dépasser la limite qui les contraindrait l'un ou l'autre, à se provoquer en duel.
Stoddart, lui, n'a pas de ses préventions, et soudainement, est pris d'envie de tuer Valance en duel.
Doniphon va alors se sacrifier pour l'amour d'Hallie: il sait que Stoddart n'a aucune chance mais qu'Hallie ne supporterait pas la mort de celui-ci. Aussi, alors qu'en apparence, Liberty a bien été tué en duel par Stoddart, c'est, en fait, une balle tirée par le fusil de Doniphon qui l'a abattu, comme il le révèle après à Stoddart torturé par le remors d'avoir tué un homme.
Stoddart est sauvé, Hallie tombe dans ses bras et Doniphon se retrouve seul, première victime de ce drame. 

Il n'en ai pas le seul:
- Hallie traîne avec elle comme une nostalgie et le regret de ne pas avoir choisi le bon homme; on sent bien que l'amour qu'elle avait pour Stoddart est mort et que cette mort est dûe au mensonge sur lequel ce dernier a bâti sa carrière politique;
- Stoddart traîne après lui le remord de sa lâcheté alors qu'il aurait pu rendre à Doniphon son honneur; il vit avec une femme qui, à ses côtés ne peut que lui rappeler sans cesse ce reproche et, cependant, dans une suprême lâcheté, quand le journaliste lui demande ce qu'il doit faire de cette confession, il lui demande d'imprimer la légende plutôt que la vérité ("Quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende" lui dit-il); pas de quoi grandir son personnage, finalement plus arriviste qu'il n'y paraît.
 

Qui a dit que le western était un art mineur?

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