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Les Parisiens sous l'Occupation (Zucca)

31 Mai 2008 Publié dans #Quelques articles historiques

 



Commande à peine envoyée jeudi, déjà reçue aujourd'hui ! C'est donc avec beaucoup de curiosité que j'ai regardé les 170 photos couleur et les 36 noir et blanc que contient l'album tiré de l'expo Les Parisiens sous l'Occupation, photographies en couleur d'André Zucca.

On a beaucoup polémiqué dans certains milieux Parisiano-parisiens à propos de cette expo et de ce qu'elle ne montrait pas; du coup, on n'en a pas assez souligné les qualités.
En effet, ces photos ne trahissent pas leur époque, elles n'en sont pas une vision partiale, même si la vision du photographe est partielle.

L'Occupation, on la sent (défilé des troupes, soldats dans les rues, drapeaux allemands, propagande vichyssoise et collaborationniste...);

les difficultés du moment, on les voit (semelles en bois, vêtements hors d'usage, chaussures éculées, voitures à gazogène ou à gaz comprimé...), la misère même est bien visible parfois et l'autre envers du décor (ex les élégantes qui paradent sur les champs de course);
certes, même si photographier les files d'attente ou les juifs n'est pas sa préoccupation première, ils sont là


(on ne peut donc pas dire qu'il l'ignore totalement et jamais dans des situations qui pourraient être humiliantes pour eux, comme s'il voulait rendre aux gens leur dignité).

On aime aussi ce quartier des Halles, celles de Baltard, et les gens qui le peuplent qu'il a réssuscités;


on aime ses photographies de l'hiver parisien où tout est recouvert d'un manteau imaculé et le Sacré-Coeur sous la neige en 42 et la magie de Noël qui semble s'en dégager;

on aime cette vision d'un Paris éternel, celui qui courbe le dos sans plier qu'il a mis sur diapo couleur; on aime enfin l'ironie qui parfois passe dans son regard, comme lorsqu'il photographie le portrait de Pétain en vitrine au milieu de ... chaussures !

On aime, tout simplement, parce que ce sont des miliers de bribes de vie, celle faite de petits rien, celle de tous les jours, celle de ces amoureux mangeant des cerises assis sur un banc...

On apprend aussi que la célèbre photo noir en blanc où l'on voit un juif digne appuyé sur une canne et portant l'étoile jaune,


 souvent utilisée comme illustration dans les ouvrages sur l'Occupation est d'André Zucca.

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H
Mais que tu as raison de te gausser de ces cercles "élitistes" qui condamnent tout ce qui ne fait pas mention de leurs obsessions personnelles, c'est ainsi que ce magnifique film "La chute"montrant les derniers jours d'Hitler dans son bunker a été massacré par une certaine critique scandalisée qu'on puisse s'intéresser à un destin personnel alors que "des millions de juifs étaient exterminés" ; comme si c'était le propos, comme si c'était nier l'holocauste que de voir ce qui se passait en parallèle : adolescents embrigadés et massacrés en Allemagne, Dresde anéantie et tout simplement la vie, la vie quotidienne, celle qui nous concerne tous, parce que l'on vit, quelles que soient les circonstances, c'est sûr. Et celà Zucca a su le voir avec une énorme sensibilité.Un hymne à la vie somme toute.
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H
Bel article. Pour ma part, j'ai toujours trouvé que les photographies en noir et blanc, en général, ne montrent pas la réalité. L'effet recherché dans le noir et blanc est purement (exclusivement) artistique. Certes, à cette époque, les films couleurs n'étaient pas à la portée de tous, il fallait faire avec ce que l'évolution technologique nous offrait. Cependant, force est de constater qu'en couleurs, on perçoit beaucoup plus la réalité. Nous sommes tellement habitués des clichés en noir et blanc de cette époque, qu'en en voyant soundainement en couleurs, nous semblons témoigner de véritables arrêts sur image d'un quotidien réel. Nous qui vivons la vie en couleurs, nous nous sentons cette fois proches de cette sombre réalité. Propagande ou pas, notre oeil discerne sans artifice les couleurs de la tourmente.
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C
Paris sous l'occupation et ensuite Paris libéré.Tout citoyen averti a un devoir de mémoire.Il n'y a plus d'homme politique qui ait connu cette époque qu'il est difficile de raconter. Le dernier fut le Président Mitterrand qui était intraitable sur la question et qui nous disait : "Ceux qui me jugent, à voir un petit peu leur tempérament, je ne me serais pas étonné du pire, en pareilles circonstances ..."Les historiens s'en chargent.Merci de votre article.La mémoire est quelque chose de très subjectif. L'Histoire une science humaine. Ceux qui défilent actuellement pour les commémorations officielles ne savent rien de cette période. Ils paradent sans savoir très bien pourquoi. Ils pardent, c'est tout!On a parlé du Vel'd'Hiv. Et les homos? Pourquoi n'y a-t-il eu aucune excuse d'un quelconque Chef d'Etat? Parce que le lobby homo n'est pas suffisamment puissant et ne tient pas les médias. Avant 1981, n'oublions pas que l'homosexualité était un délit et la fête des mères, journée créée par Pétain... Journée toujours célébrée... Pourtant!De toute façon, avant 1944, la République n'était pas-plus, et je comprends les refus successifs de De Gaulle, Pompidou, Giscard et Mitterrand de s'excuser au nom de l'Etat français. Vichy, ce n'était pas la République.J'en discutais avec des amis cambodgiens qui me disaient : "Pourquoi vous autres, les français, historiens et donneurs de leçons, ne parlez pas du génocide du Cambodge, c'est pourtant très récent?". C'est très récent et les cambodgiens cohabitent ensemble, dans la misère matérielle, avec un oubli volontaire car il faut bien que le pays avance.Sans doute en fut-il ainsi après la Libération de Paris.L'oubli volontaire dans toute guerre civile est nécessaire, comme le devoir de mémoire mais ce sont deux choses très différentes.A ne pas mélanger.Ces photographies sont des photographies de mémoire d'historiens.Merci de nous les faire partager même si je pense que c'est un exercice très délicat et périlleux.
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