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Du 5 au 11 avril 1909

19 Avril 2009 Publié dans #Les année 1909 et 1910

Hélas, pour les infos sur les suites de l'enquête concernant l'assassinat de Louis Donald Fleurot, il va falloir attendre; un seul article dans la semaine nous signale que celle-ci continue. A la place, nous avons, en fin de billet, en rubrique nécrologique, Charles Swinburne.
 
D'ailleurs, à part la rubrique nécrologique, l'ensemble de la semaine est assez vide en dehors de la Perse où on signale que le commandant en chef des forces royales a été assassiné tandis qu'en France les jeunes gens liés aux tentatives de déboulonnages des statues dont j'ai déjà parlé sont condamnés à 2 mois de prison et 200F d'amende pour deux d'entre eux, 1 mois et 100F d'amende pour le troisième.
A noter aussi que le banquier que l'on avait retrouvé seul entouré de dames lors de la perquisition de la police dans un cercle privé parisien vient de mourir; l'homme était connu, nous dit le journal ,pour ses parties fines avec des 1/2 mondaines.
 
Passons donc à la rubrique nécrologique, où l'on signale les décès de:

- Henri Jean Zuber, peintre alsacien né à Rixheim en 1844 à peu près inconnu aujourd'hui mais dont on trouve encore quelques toiles sur le net, comme, par exemple, cette "Bergère au bord d'un étang":


- Francis Marion Crawford,

 

romancier américain, film du sculpteur Thomas Crawford, né et décédé en Italie, ayant étudié le sanskrit en Inde, et qui fut le premier à publier un livre ou la Mafia tenait un rôle majeur (Corleone, en 1897). Plusieurs de ses histoires courtes sont considérées comme des classiques du récit d'épouvante. Si la version anglaise de wikipedia en conserve la trace, rien cependant dans la version française
 

- Paschal Grousset,

 

député socialiste indépendant (c'est-à-dire non affilié à la SFIO à partir de sa création en 1905) du 12è arrondissement de Paris, élu en 1893 et réélu en 1898,1902 et 1906.
Né à Corte, il fut journali ste, écrivain, promoteur du sport mais hostile à toute idée de compétition - ce en quoi il s'opposa fortement à Pierre de Coubertin - (il créa la Ligue nationale d'éducation physique qui, globalement, rejettait la compétition sportive en la considérant comme politiquement et moralement néfaste), délégué aux relations extérieures de la Commune, déporté en Nouvelle-Calédonie d'où il s'échappa et amnistié comme tous les Communards en 1880.
Deux ébauches de romans écrits par lui, ont été remaniés par Jules Verne (Les 500 millions de la Bégum et l'Etoile du sud), tandis que l'Epave de la Cynthia, attribuée à Verne est, en fait, entièrement de la main de Grousset. On lui doit aussi une traduction en français de l'Ile a u trésor.
Par ailleurs, il est aussi lié au scandale Victor Noir. En effet, Paschal Grousset s'estimant diffamé par un article que le prince Pierre Bonaparte (un fils de Lucien) avait fait publier, il lui envoie ses témoins, Victor Noir et Fonvielle, pour préparer les conditions du duel. Or, sur place, la situation est passablement confuse, Henri de Rochefort s'y trouve aussi et le prince Bonaparte finit par tirer sur tous ces gens, blessant mortellement le journaliste Victor Noir. Le procès qui suivit condamna Grousset, Fonvielle et Rochefort

- Charles Swinburne,
 
poète anglais qui fit ses études à Eton puis à Oxford où il fit la connaissance de certains des grands peintres préraphaélites (Rossetti, Morris et Burne-Jones qui, en 1857, peignaient le Cycle d'Arthur sur les murs de Oxford Union). De nature excentrique et porté à l'excès, notamment la consommation d'alcool et de drogue, on le dit homosexuel et sado-masochiste, surtout adepte de la flagellation, penchant vers lequel l'aurait poussé, dit-on l'explorateur Richard Francis Burton et quand cela lui revint aux oreilles, il se vanta même d'être pédéraste et d'avoir couché avec un singe.
Pourtant, selon Oscar Wilde, il n'était qu'« un vantard en matière de vice, qui a fait tout ce qu'il pouvait pour convaincre le monde de son homosexualité et de sa bestialité alors qu'il n'est ni homosexuel ni bestial. »
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Commenter cet article
F
Ce poète a une belle figure, c'est vrai que la peinture de l'époque idéalisait un peu, moi aussi j'adore les préraphaélites. Encore bravo pour la chronique.
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M
Je ne sais pas si ce que dit Oscar Wild est vrai, peu importe dans le fond... mais j'adore ce qu'a peint Rossetti. de tout faon, j'aime les peintres préraphaélites. @bientôtMichel
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H
Ah, Jerem, que j'aime tes chroniques qui nous font vivre l'époque comme si nous y étions.Swinburne a la même extravagance capillaire que les muses préraphaélites.
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