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Je suis un aventurier (A. Mann)

13 Juillet 2009 Publié dans #Cinéma d'hier et d'aujourd'hui


Je suis un aventurier (The Far Country), sorti en 1954, est l'avant-dernier des cinq westerns que James Stewart tourna pour Anthony Mann.
Là encore, on est en présence d'une oeuvre qui a beaucoup vieilli, avec quelques long
ueurs et quelques scènes qui semblent sortir tout droit des westerns à petit budget que Wayne a tourné dans sa période de vaches maigres dans les années 30.
Peut-être d'ailleurs s'agit-il ici d'un choix personnel du réalisateur qui cherchait à dépeindre la fin d'un monde, celui des premiers pionniers, qui se retrouvent en complet décalage avec la seconde vague de migrants qui amène avec elle son lot de coquins, d'arnaqueurs, de voleurs et d'assassins.
Toujours est-il que le résultat a mal passé le temps.

Cependant, ce que je retiens d'abord du film, c'est le malaise qu'il crée.
Le personnage incarné par James Stewart ne suscite à aucun moment l'empathie: son individualisme forcené, poussé jusqu'au-boutisme, son refus ab
solu de venir en aide à la communauté, sa condamnation de toute forme de générosité, conçue comme une faiblesse que le déroulement du film tend d'ailleurs à prouver puisque tous les personnages qui en font preuve sont voués à la mort ou à l'échec et à une honteuse humiliation ... tout cela diffuse un message de l'impuissance humaine face au déferlement de l'injustice et de la violence.

Stewart, lui-même, n'intervient
contre cette violence que lorsqu'il est personnellement concerné après avoir été volé et avoir vu son seul ami être tué sous ses yeux.
De sorte que son intervention reste ambigüe sur ses motivations, même si elle le conduit à demander soudain l'aide d'une communauté qu'il avait lui-même renié quand elle lui avait demandé du secours et à intégrer ce qu'il considérait jusqu'ici comme une faiblesse mortelle.

Reste que cette happy end ne saurait effacer le malaise créé tout au long du film, son message pessimiste et sa pré-science de l'individualisme du monde actuel.
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