Chantages à la cour de Suède
Il semblerait que Gustave V qui devint roi de Suède en 1907, ait été plus bi qu'hétéro.

Marié à Victoria de Bade, une femme à la santé fragile, mais au caractère bien trempé, il tomba bien vite sous sa coupe (au point d'être accusé d'attitude pro-allemande durant la première Guerre Mondiale) et sous celle du médecin personnel de cette dernière, un certain Axel Munthe, aussi écrivain (il est l'auteur du Livre de San Michele, 1929) et protecteur des animaux.
Or, celui-ci faisait faire tous les hivers à la reine des séjours prolongés à Capri, pour raisons de santé.
C'est là, semble-t-il, aux dires de F. Mitterrand, qu'il surprend les amours que le roi aurait entretenu, pendant de temps, avec des pêcheurs de l'île et qu'il commenca à le faire chanter.
Mais Munthe semble ne pas être le seul à avoir agi ou à tenter d'agir ainsi.
En effet, dans les années 50, après la mort de Gustave V, éclata l'affaire Haijby dans un climat de chasse à l'homo lancée par la presse qui prétend qu'un complot mené par les fonctionnaires gays du pays menace les institutions et les moeurs.
Kurt Haijby (Johansson de son vrai nom), né en 1897, est surtout du genre petite frappe, escroc et expert en rapines de toutes sortes et tua un policier lors d'une évasion de prison.
Changeant de nom, il tenta d'ouvrir un bar, mais son passé de criminel le lui interdisant, il demanda audience au roi.
C'est là que, selon lui, il aurait été séduit par celui-ci avec lequel il entama une liaison à partir de 1936 et avec lequel il affirme avoir déjà eu une aventure en 1912, alors qu'il était reçu au Palais avec un autre jeune boy scout.
Sa femme, apprenant sa relation avec le souverain, en fait la cause de la demande de divorce qu'elle dépose.
C'est alors que la Cour intervient pour acheter le silence des époux contre un divorce à l'amiable, un exil aux Etats-Unis pour Haijby et la promesse d'une somme de 3000 couronnes suédoises qui ne lui sera finalement pas versée, d'où son retour en Suède.
Pendant plusieurs années, afin d'obtenir son silence, la Cour verse de l'argent pour financer les diverses entreprises d'Haijby (170 000 couronnes), jusqu'à son arrestation pour abus sexuel sur un mineur en 1938 et son internement momentané dans un asile avant d'être contraint à l'exil en Allemagne (avec versement de 400 couronnes par mois).
Là, il fut cependant jeté en prison par la Gestapo, peut-être sur demande de la Cour de Suède, sans jamais être torturé ni maltraité, avant de regagner son pays en 1940.
En 1947, il publie un roman à clé, évoquant son histoire au grand dam de la Cour qui craint le scandale.
L'ouvrage, immédiatement saisi, est détruit (il sera à nouveau publié en 1952 et 1979).
Il est alors à nouveau enfermé à l'asile, mais réussit , en période de plein délire anti-homo, à faire parler de son cas.
En effet, en 1948, un pasteur, Karl-Erick Kejne, accuse les homosexuels de vouloir sa peau parce qu'il s'est engagé contre la prostitution masculine à Stockholm.
Les journaux commencent à parler de complot homosexuel contre les institutions du pays et une véritable chasse aux sorcières anti-gay est lancée.
C'est dans ce contexte que Haijby alerte le procureur général de Suède sur son sort et qu'un journaliste et écrivain, Vilhelm Moberg, ayant eu accès clandestinement aux dossiers du procureur publie l'affaire dans la presse.
Elle fait grand bruit et amène des débats houleux au Parlement et dans les médias au point qu'un procès est ouvert, à l'issue duquel Haijby est condamné à 8 ans de travaux forcés pour chantage (peine réduite à 6 ans en Cour d'Appel).
Il se suicida en 1965.
Tous les documents relatifs à cette affaire ont été déclassifiés en 1981.
Ils montrent à l'évidence, l'impossibilité d'une quelconque aventure lors de la première entrevue de 1912 qui eut lieu publiquement; seuls des doutes subsistent pour les années 30, certains estimant que la Cour n'a pas cédé au chantage sans raison.
Mais on peut estimer aussi, que, sans avoir eu aucune relation avec le roi, Haijby connaissant la nature de la sexualité du souverain, s'en soit emparé dans le but de gagner de l'argent à bon compte.
En effet, en 1936, à la date où Haijby prétend avoir entamé véritablement sa liaison avec le souverain, celui-ci a 78 ans !!!
Ca laisse planer quand même de sérieux doutes sur la crédibilité du personnage Haijby.
Quant au roi lui-même, mort en 1950, il est aussi connu pour avoir été un fervent joueur de tennis qu'il introduit en Suède dans la deuxième moitié des années 1870, jouant fréquemment dans des tournois d'exhibition sous le nom de M. G., à côté de stars comme Suzanne Langlen ou Gottfried von Cramm qu'il réussit à faire sortir de prison et à faire exiler en Suède.
A noter que von Cramm avait été arrêté par les nazis pour cause de relation homosexuelle, avant son mariage, avec un jeune acteur et chanteur juif de Galicie.

Marié à Victoria de Bade, une femme à la santé fragile, mais au caractère bien trempé, il tomba bien vite sous sa coupe (au point d'être accusé d'attitude pro-allemande durant la première Guerre Mondiale) et sous celle du médecin personnel de cette dernière, un certain Axel Munthe, aussi écrivain (il est l'auteur du Livre de San Michele, 1929) et protecteur des animaux.
Or, celui-ci faisait faire tous les hivers à la reine des séjours prolongés à Capri, pour raisons de santé.
C'est là, semble-t-il, aux dires de F. Mitterrand, qu'il surprend les amours que le roi aurait entretenu, pendant de temps, avec des pêcheurs de l'île et qu'il commenca à le faire chanter.
Mais Munthe semble ne pas être le seul à avoir agi ou à tenter d'agir ainsi.
En effet, dans les années 50, après la mort de Gustave V, éclata l'affaire Haijby dans un climat de chasse à l'homo lancée par la presse qui prétend qu'un complot mené par les fonctionnaires gays du pays menace les institutions et les moeurs.
Kurt Haijby (Johansson de son vrai nom), né en 1897, est surtout du genre petite frappe, escroc et expert en rapines de toutes sortes et tua un policier lors d'une évasion de prison.
Changeant de nom, il tenta d'ouvrir un bar, mais son passé de criminel le lui interdisant, il demanda audience au roi.
C'est là que, selon lui, il aurait été séduit par celui-ci avec lequel il entama une liaison à partir de 1936 et avec lequel il affirme avoir déjà eu une aventure en 1912, alors qu'il était reçu au Palais avec un autre jeune boy scout.
Sa femme, apprenant sa relation avec le souverain, en fait la cause de la demande de divorce qu'elle dépose.
C'est alors que la Cour intervient pour acheter le silence des époux contre un divorce à l'amiable, un exil aux Etats-Unis pour Haijby et la promesse d'une somme de 3000 couronnes suédoises qui ne lui sera finalement pas versée, d'où son retour en Suède.
Pendant plusieurs années, afin d'obtenir son silence, la Cour verse de l'argent pour financer les diverses entreprises d'Haijby (170 000 couronnes), jusqu'à son arrestation pour abus sexuel sur un mineur en 1938 et son internement momentané dans un asile avant d'être contraint à l'exil en Allemagne (avec versement de 400 couronnes par mois).
Là, il fut cependant jeté en prison par la Gestapo, peut-être sur demande de la Cour de Suède, sans jamais être torturé ni maltraité, avant de regagner son pays en 1940.
En 1947, il publie un roman à clé, évoquant son histoire au grand dam de la Cour qui craint le scandale.
L'ouvrage, immédiatement saisi, est détruit (il sera à nouveau publié en 1952 et 1979).
Il est alors à nouveau enfermé à l'asile, mais réussit , en période de plein délire anti-homo, à faire parler de son cas.
En effet, en 1948, un pasteur, Karl-Erick Kejne, accuse les homosexuels de vouloir sa peau parce qu'il s'est engagé contre la prostitution masculine à Stockholm.
Les journaux commencent à parler de complot homosexuel contre les institutions du pays et une véritable chasse aux sorcières anti-gay est lancée.
C'est dans ce contexte que Haijby alerte le procureur général de Suède sur son sort et qu'un journaliste et écrivain, Vilhelm Moberg, ayant eu accès clandestinement aux dossiers du procureur publie l'affaire dans la presse.
Elle fait grand bruit et amène des débats houleux au Parlement et dans les médias au point qu'un procès est ouvert, à l'issue duquel Haijby est condamné à 8 ans de travaux forcés pour chantage (peine réduite à 6 ans en Cour d'Appel).
Il se suicida en 1965.
Tous les documents relatifs à cette affaire ont été déclassifiés en 1981.
Ils montrent à l'évidence, l'impossibilité d'une quelconque aventure lors de la première entrevue de 1912 qui eut lieu publiquement; seuls des doutes subsistent pour les années 30, certains estimant que la Cour n'a pas cédé au chantage sans raison.
Mais on peut estimer aussi, que, sans avoir eu aucune relation avec le roi, Haijby connaissant la nature de la sexualité du souverain, s'en soit emparé dans le but de gagner de l'argent à bon compte.
En effet, en 1936, à la date où Haijby prétend avoir entamé véritablement sa liaison avec le souverain, celui-ci a 78 ans !!!
Ca laisse planer quand même de sérieux doutes sur la crédibilité du personnage Haijby.
Quant au roi lui-même, mort en 1950, il est aussi connu pour avoir été un fervent joueur de tennis qu'il introduit en Suède dans la deuxième moitié des années 1870, jouant fréquemment dans des tournois d'exhibition sous le nom de M. G., à côté de stars comme Suzanne Langlen ou Gottfried von Cramm qu'il réussit à faire sortir de prison et à faire exiler en Suède.
A noter que von Cramm avait été arrêté par les nazis pour cause de relation homosexuelle, avant son mariage, avec un jeune acteur et chanteur juif de Galicie.
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