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Sept personnes égorgées par un gamin de 15 ans

5 Octobre 2013 Publié dans #Quelques événements de 1913

http://gallica.bnf.fr/proxy?method=R&ark=bpt6k5648425.f1&l=4&r=5472,3264,296,403

 

Même avec un siècle de distance, certains faits divers restent particulièrement sordides comme, par exemple, ce drame survenu au village du Bas-Briacé, commune de Landreau, dans l'arrondissement de Nantes, le 30 septembre 1913. Animé, dit son auteur, Marcel Redureau, un adolescent de quinze ans et trois mois, par une froide colère après une observation sur son travail, il a tué sept personnes: les époux Mabit, ses employeurs, la mère de Monsieur Mabit, septuagénaire, Marie Dugast, dix-huit ans, domestique, et trois des enfants du couple, Marie, Henriette et Joseph, âgés de huit, sept et deux ans. Seul Pierre Mabit, quatre ans, a réchappé au drame.


C'est un voisin, étonné de ne pas les voir vaquer à leurs occupations quotidiennes, qui a donné l'alerte après un coup d'oeil par l'une des fenêtres de l'habitation: Madame Mabit et sa domestique gisaient dans une mare de sang dans la cuisine, la tête presque entièrement détachée du tronc.

Détail horrible, le meurtrier semble s'être particulièrement acharné sur Madame Mabit, enceinte, qu'il éventra aussi pour "tuer l'enfant qui devait naître".

Les gendarmes, appelés sur les lieux, découvrirent ensuite dans la chambre parentale, les deux enfants de sept et deux ans, la gorge tranchée dans leur lit et dans un berceau, un jeune enfant qui avait été horriblement mutilé (visage tailladé, oreilles coupées). La même scène d'horreur se répéta dans une chambre contigüe où c'est le corps de Madame Mabit mère qui fut retrouvé. Enfin, c'est dans le cellier que gisait Monsieur Mabit, lui aussi la gorge ouverte.

L'arme du crime est vraisemblablement un couteau de pressoir, emprunté à ce même cellier.


Restait à trouver le coupable. L'absence du garçon de ferme, âgé de quinze ans, attira les soupçons. Les gendarmes se rendirent au domicile de ses parents, eux aussi gens forts respectables; ils l'y trouvèrent. Mieux, il ne fit aucune difficulté pour reconnaître le crime dont il s'est rendu coupable, disant s'être pris de querelle avec son patron vers 21h. pour une remarque qu'il estimait non-justifiée sur son travail puis avoir liquidé le reste de la famille après les cris poussés par la mère de famille qui, d'après lui, auraient réveillé toute la maison.

Jusqu'ici, il n'avait guère fait parler de lui et était considéré comme honnête et travailleur. Il avait même obtenu son certificat d'études à onze ans et rien dans ses antécédents ne laissait à penser qu'il se livrerait un jour à un tel carnage.

André Gide, intrigué par cette affaire, publia en 1930 une série de documents relatifs à elle dans l'Affaire Redureau.

 

http://pays-de-la-loire.france3.fr/sites/regions_france3/files/styles/asset_full/public/assets/images/2013/06/03/redureaumaecel.jpg?itok=BPv8k4NX

(Marcel Redureau, l'assassin en compagnie d'un gendarme)

 

Jugé en mars 1914, il est condamné à vingt ans de réclusion criminelle dans une colonie pénitenciaire. Il y est mort, quelques mois plus tard, de la tuberculose.

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