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Benoît XVI, pape de notre temps

23 Décembre 2008 Publié dans #C'est juste mon avis



Ce titre peut surprendre, a priori, car chacun de nous sait que le pape Benoît XVI est d'abord et avant tout un conservateur attaché aux valeurs traditionnelles de l'Eglise, y compris sur la question homosexuelle où, fidèle à la pensée des Pères de l'Eglise, sans jeter l'opprobre sur les homos, qui ne sont après tout que de pauvres pécheurs soumis à la tentation du mal, il condamne l'acte homosexuel.

Pourtant, Benoît XVI a eu le mérite d'aborder de façon récurrente, depuis qu'il est pape, les questions du relativisme et du confusionisme.
C'est en cela qu'il est un homme de notre temps.
Le relativisme et le confusionisme sont, depuis bien longtemps, des notions qui se sont imposées comme références morales à la société et tout n'est pas négatif de cet apport qui a permis de repenser la société vers l'acceptation de l'autre, fût-il différent, en faisant prospérer cette vérité qu'il n'existe pas de vérité "absolue".

Le monde homo, lui-même, n'a pas été épargné par ce relativisme et ce confusionisme dont on retrouve les traces encore aujourd'hui, y compris chez certaines personnes qui, dans les années 80, et parfois même encore actuellement, voudraient continuer à rendre réductibles des notions qui ne le sont pas, et confondre des concepts aussi non-fusionnels que la pédophilie (même en son sens premier), la pédérastie (rite d'initiation) et l'homosexualité, en se jouant, de plus, de beaux anachronismes destinés à justifier la "cause".
Si, par le passé, cette "confusion" était compréhensible par l'éducation essentiellement gréco-latine des homos de l'élite intellectuelle et a pu même être un facteur de progrès dans la mesure où elle semblait donner un base "historique" à l'homosexualité et donc une certaine "respectabilité", il n'en reste pas moins qu'elle surfe allégrement sur des concepts inconnus des temps anciens et plaquent sur ces époques des notions parfaitement étrangères à la mentalité des gens de l'Antiquité.
C'est pourquoi, depuis le milieu des années 80, et y compris dans la controverse qui a opposé les historiens Bernard Sergent et John Boswell, on sent le désir des jeunes générations, de ne plus admettre ce relativisme et ce confusionisme qui sont devenus des freins à toute évolution sereine de la question homo. J'aurais d'ailleurs l'occasion de revenir, dans un prochain article, sur la façon dont un historien comme John Boswell s'applique à triturer l'histoire pour lui faire servir la "cause" homo, en accumulant les anachronismes de toute sorte à son corps défendant.

Le mérite de Benoît XVI, c'est justement d'avoir su saisir ce besoin des jeunes générations, de ne plus accepter sans discussion le diktat du relativisme et du confusionisme mais de s'interroger sur leur pertinence et leur validité par rapport aux domaines auxquels ils touchent.
Cela devient encore plus urgent quand l'on voit, par exemple, au nom du relativisme, affirmer que ce n'est pas à un homo séropositif de faire gaffe, mais à son partenaire qui "sait" les risques qu'il prend quand il baise; façon bien simple, bien relative et bien égoïste d'aborder le problème.
Cela devient aussi urgent quand on voit des hommes comme Gérard Longuet, puisant aux sources d'une certaine homosexualité militante et d'une mauvaise lecture des moeurs de l'antiquité gréco-latine, confondre encore pédophilie et homosexualité.
Cela devient enfin urgent quand on voit ressurgir des citations de Renaud Camus affirmant, dans les années 80, que les homos ne devaient pas lâcher les pédophiles, mot qui, même à l'époque, désignait bien des rapports sexuels entre adultes et enfants mineurs, et non-réductible à la notion de pédérastie grecque, sous prétexte que les pédophiles auraient été par le passé, une catégorie de l'homosexualité, là encore par un beau confusionisme digne d'un historien du dimanche.
Cette citation est d'autant plus "gerbante" qu'elle recouvre et tant à "protéger" ou tout du moins "excuser" des attitudes sexuelles bien réelles du XXè siècle, comme celles de Gide, Montherlant ou Roger Peyrefitte qui, lui, se couvrait de la notion de l'antique pédérastie pour justifier les relations sexuelles qu'il a eues à partir du tournage des Amitiés particulières (1964), avec Alain-Philippe Malagnac, âgé de 12 ans et demi !!!!! (Peyreffite en avait 57 !!!) et qui devaient se poursuivre de nombreuses années.
Par la suite, Alain-Philippe Malagnac épousa Amanda Lear et trouva une mort tragique dans l'incendie de leur maison, trois mois seulement après la mort de Roger Peyrefitte.
Finalement, le premier à dénoncer l'hypocrisie de ces relations pédérastiques qui masquaient, osons un anachronisme pour l'appliquer à Gide, Montherlant et Peyrefitte, des abus sexuels d'enfants, fut, dès l'Antiquité, Platon qui, dans les Lois (chapitre VIII), dénonçait les mythes grecs et notamment le mythe crétois de Ganymède, inventé, pensait-t-il, pour que ceux qui se livrent à ce genre d'actes, s'achètent bonne conscience à bon compte.

Si Benoît XVI a au moins pu servir à poser clairement la nouvelle querelle des Anciens et des Modernes sur le relativisme et le confusionisme, alors son pontificat n'aura pas été inutile et pourrait même être, à son corps défendant, porteur d'avenir, au grand dam de certains "archaïsants" qui voueront aux gémonies cette "jansénisation" de la pensée et des moeurs.

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