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Du 23 au 29 mai 1909

7 Juin 2009 Publié dans #Les année 1909 et 1910

Actualité encore franco-française pour cette semaine, en dehors de l'anecdote de la semaine qui nous sera fournie par le président Taft.

A la CGT, rien ne va plus suite à l'échec de la grève générale lancée récemment; la lutte entre réformistes et révolutionnaires aboutit à la démission du secrétaire général, Louis Niel qui avait succédé à Victor Griffuelhes en février.

A Clermont-Ferrand, au lycée Blaise-Pascal,

Armand Neny, un élève de 14 ans, se suicide en plein cours avec un révolver. Le journaliste du Petit-Journal semble incriminer les lectures actuelles que l'on donne à lire aux jeunes et qui seraient responsables de leur état dépressif. Il recommande, en conséquence, qu'on leur fasse redécouvrir des ouvrages plus gais, comme le Virgile travesti de Scarron, ceux de Rabelais ou de Bonaventure des Périers.


Dans le domaine de la littérature, on célèbre avec enthousiasme et en grandes pompes le jubilé de Mireille, l'oeuvre la plus célèbre de Frédéric Mistral,

prix Nobel de littérature depuis 1904 et restaurateur du provençal.


Le Premier Empire n'est cependant pas oublié avec la célébration des centenaires de la bataille d'Essling, commémorée à Nice, lieu de naissance de Masséna et de la mort du Maréchal Lannes.

Enfin, dans la rubrique nécrologique, on nous signale la mort de deux peintres:
- François-Emile Michel, né à Metz en 1828, membre de l'Académie des Beaux-Arts depuis 1892
- Guillaume Dubufe, né à Paris en 1853, peintre et décorateur, fils du peintre Edouard-Louis Dubufe; en 1885, il décore le plafond du foyer de la Comédie française celui de la galerie Lobau à l'Hôtel-de-Ville de Paris en 1891, celui de la salle des fêtes du Palais de l'Elysée en 1894 et celui de la bibliothèque de la Sorbonne en 1896. Il fut aussi l'un des peintres appelés à participer à la décoration du "Train Bleu", ce célèbre restaurant de la gare de Lyon. Son tombeau est au Père-Lachaise.

L'anecdote, quant à elle, nous vient encore des Etats-Unis où le président Taft a brusquement quitté sa loge alors qu'il assistait à la représentation d'une pièce en 4 actes d'un "naturalisme assez brutal" nous dit-on.
Déjà, le président avait été passablement choqué par le défilé sur scène de tout un monde d'escarpes (= voyous) du Tamerloin et de femmes de mauvaise vie, mais, quand il vit, à la fin de l'acte, une jeune artiste danser une matchiche avec Evelyn Nesbit Thaw,

 la femme de l'assassin multimillionnaire Harry Kendall Thaw, fils d'un baron des chemins de fer et du charbon, qui tira le 25 juin 1906 trois fois à bout portant sur le visage de Stanford White, architecte et ex-amant de sa femme, ce fut trop, il quitta ostensiblement sa loge.


Au procès, Harry Thaw plaida la folie temporaire. La mère de Harry promit à Evelyn que si elle témoignait que Stanford White l'avait violée et que Thaw n'avait fait que venger son honneur, elle y gagnerait un divorce à l'amiable, accompagné d'un chèque d'un million de dollars.
Evelyn obtint le divorce, mais pas l'argent. Dès l'acquittement d'Harry Thaw, la mère de celui-ci coupa en effet les vivres à la jeune femme.
Quant au personnage de Thaw lui-même, Wikipedia nous révèle qu'il se droguait à la cocaïne et avait apparemment des tendances sadiques ; il aimait à soumettre les femmes — y compris Evelyn — sans pour autant dédaigner à l'occasion de jeunes garçons, à de sévères séances de flagellation.

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