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Les ombres du président Wilson

2 Novembre 2009 Publié dans #Quelques articles historiques


Le démocrate Thomas Woodrow Wilson accède à la présidence des EU en 1913 après une victoire en novembre de l'année précédente due à la division du camp républicain entre le président sortant, Taft et son prédécesseur Theodore Roosevelt, déjà président entre 1901 (suite à l'assassinat du président Mc Kinley) et 1909.

Wilson est né à Staunton, en Virginie, en 1856, quelques années donc avant la Guerre de Sécession, dans une famille ardemment sudiste, semble-t-il , puisque son père possédait des esclaves et s'était engagé activement aux côtés de la Confédération que ce soit en tant que l'un des membres fondateurs de la Southern Presbyterian Church in the United States, soutenant "l'institution particulière" comme on appelait l'esclavage, dans les Etats du sud (contrairement à son homologue du nord dont elle se sépare en 1861), ou en tant que chapelain dans l'armée confédérée.
Wilson ne devait jamais renier la part de cet héritage culturel qui allait marquer tout une partie de son comportement futur envers les noirs.

En effet, marchant sur les traces des lois adoptées dans les années 1880/1890, et notamment des arrêts de la Cour suprême des EU (en 1883, celle-ci déclare que le Congrès n'a pas le pouvoir de prohiber des discriminations raciales commises par des individus privés et en 1896, que la ségrégation raciale est légale si on offre aux noirs les mêmes facilités sociales qu'aux Blancs, donnant naissance à la fameuse phrase: " séparés, mais égaux" - dans les faits cela se traduisit par l'accroissement des discriminations dont les noirs furent victimes -), devenu président de l'université de Princeton, il découragea par exemple, les noirs d'y demander leur admission.
 Son élection à la présidence ne devait pas modifier son point de vue sur la question; bien que de nombreux votes noirs se soient portés sur son nom, il déclara même au New York Times, en 1914: " Si des personnes de couleur ont fait une erreur en votant pour moi, ils doivent la corriger" et dès les premiers mois de sa prise de fonction, il imposa la mise en place d'une ségrégation raciale complète dans toutes les administrations gouvernementales (dès avril 1913, le ministre des postes, Albert Burleson, autre natif du sud, impose l'usage des toilettes et de bureaux séparés entre salariés blancs et noirs de son administration), procédant même à un nombre de renvois de fonctionnaires fédéraux noirs considérable.
Quand une délégation de noirs vint se plaindre de ces mesures, Wilson leur déclara: " La ségrégation n'est pas une humiliation mais un avantage et doit être considérée comme telle par vous" et la justifia en expliquant qu'il s'agissait d'empêcher les frictions régulières entre salariés blancs et noirs.
Enfin, durant la Première guerre mondiale, les 400 000 soldats noirs-américains, furent cantonnés à des grades et des postes subalternes.

Il faut attendre l'après seconde guerre mondiale pour que le président Truman, autre démocrate, fasse cesser ces discriminations au sein de l'administration fédérale et au sein de l'armée.
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S
<br /> C'était il y a a peine un siècle,c'était hier...<br /> <br /> J'ai toujours du mal a croire que l'homme soit aussi stupide parfois,c'est déséspérant...<br /> <br /> Merçi Jérem' pour ce petit cours d'histoire<br /> <br /> Bisous<br /> <br /> Sébastien <br /> <br /> <br />
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